49. La restitution

INTRODUCTION

« Si par l’offense d’un seul (Adam) la mort a régné par lui seul, à plus forte raison ceux qui reçoivent la surabondance de la grâce et du don de la justice, régneront dans la vie par le seul Jésus-Christ. » (Romains 5:17).

Adam par son péché est passé sous le règne de la Mort, de l’espace-matière-temps tel que nous le connaissons. Nous, ses descendants, subissons le même sort, sauf si nous recevons la surabondance de la grâce et du don de la justice en Jésus-Christ.

D’après le texte, la conséquence c’est le règne dans la Vie et non pas le règne dans la Vie APRES la Mort. Dans ce dernier cas la vie serait en seconde position APRES la Mort ???

La Mort aurait-elle la primeur sur la Vie ? Si la Mort est le salaire du péché (Romains 6:23), le péché ne serait-il pas tout à fait effacé par le précieux Sang de Jésus-Christ vu qu’il faut inéluctablement et préalablement mourir ??? Le don gratuit de Dieu, serait-il la vie éternelle en Jésus-Christ assortie de la mort préalable ??? Le message de l’Evangile serait-il composé d’une bonne nouvelle : la vie éternelle et d’une mauvaise nouvelle : la Mort préalable souvent précédée de souffrances comme passage obligé vers la vie éternelle ?

Seul Jésus-Christ est le chemin, le passage obligé vers la vie éternelle !!!

Tout ce qu’Adam a perdu, Jésus nous l’a restitué y compris l’immortalité et le règne !!!

Arrêtons de prêcher et de vivre un Evangile au rabais qui déshonore notre Seigneur Jésus-Christ ! Prêchons et vivons un Evangile correspondant aux réalités célestes éternelles et non pas piètrement et prioritairement adapté aux réalités espace-matière-temps !

C’est pourquoi Jésus-Christ glorifié est revenu vers les Siens et vers l’Apôtre Jean (Apocalypse 1:10 à 3:22) pour « remettre les pendules à l’heure » et restaurer le message de l’Evangile !

Examinons comment étaient Adam et Eve et ce qu’ils ont perdu, puis examinons la restitution par l’œuvre expiatoire de Jésus sur la croix.

 

  1. Ce qu’Adam et Eve ont perdu avec les conséquences

 

Comme nous l’avons démontré dans l’écrit intitulé « Le fond et la forme », après que le Dieu ait créé le ciel et la terre, une première chute a eu lieu entre le verset 1 et le verset 2 du premier chapitre de la Genèse. Lucifer, porteur de lumière, le chérubin probablement le plus glorieux, s’est révolté contre Dieu et fut exclu du troisième ciel. Avec le tiers des anges qui l’ont suivi et sont devenus des démons, il se retrouve dans le 2ème ciel et malheureusement aussi dans l’espace-matière-temps en tant que « Prince de ce monde ». Il a malheureusement encore accès à la Salle du Trône pour « accuser les frères » (Apocalypse 12:10c).

Au deuxième verset de la Bible suite à cette première chute, il y avait le tohu bohu ou le chaos. Le Diable avait d’emblée complètement mis la terre sens dessus dessous avec des ténèbres horribles empêchant toute vie.

La suite n’est plus tellement la création par Dieu à partir de rien mais la formation, la transformation, la métamorphose de ce chaos par l’Esprie, la Parole et la Lumière divine. Dieu voulait reprendre du terrain au Diable par cette métamorphose.

Certes, Il « créa » par exemple les poissons (Genèse 1:21) ou « forma » ou « fit ». Suite à sa Parole la terre devait produire des animaux (Genèse 1:24). Il « fit et créa » l’homme à Son image (Genèse 1:26-27) mais ici ces verbes ne signifient pas une création à partir de rien ou ex nihilo comme en Genèse 1:1 puisque la description de Genèse 2: 7 nous donne des précisions importantes à ce sujet : « L’Éternel Dieu [façonna], forma, l’homme à partir de la poussière du sol et fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint vie [NePHeSCH]. Il s’agit là clairement d’une transformation à partir de la terre déjà existante sous l’eau de Genèse 1:2 puis devenue poussière après Genèse 1:9-10 où le « sec » apparut.

Eve fut aussi formée via une transformation, une métamorphose non pas à partir d’une côte d’Adam mais à partir d’un côté d’un Adam alors coupé en deux d’après le texte original. Avis aux machos… !

Ces deux êtres étaient à l’image (tzelem) de Dieu (Genèse 1:27). Ils étaient « vie ». Cette vie qui les animait et leur « chair », en hébreu BaSaR signifiant aussi racine c’est à dire leur réalité fondamentale tangible visible, était métamorphosé en feu, lumière, gloire, vie par le souffle de Dieu. Ils bénéficiaient de l’immortalité en tant qu’image de Dieu, Lui ressemblant.

C’est pourquoi ils n’avaient pas honte de leur nudité (Genèse 2:25) du fait qu’ils étaient parfaits à l’image du Créateur. Ils étaient des êtres immortels faits de la substance éternelle de feu et de gloire. Les ténèbres et la Mort n’avaient absolument aucune place ni au niveau de leur « BaSaR » (chair, corps) métamorphosé, ni au niveau de leur « NePHeSCH » (vie, âme) qui ne formaient d’ailleurs qu’une unité absolue !

L’homme était en outre capable de gérer parfaitement le jardin d’Éden, de le cultiver, de gérer les animaux car il pouvait les nommer, leur donner un nom, une spécificité, une certaine identité. Quel règne de puissance immense sans limitations spatio-temporelles !!! (Genèse 2:15-20). Quand on constate comment l’homme actuel gère la terre et ce qui s’y trouve, on ne peut que davantage se rendre compte de la sagesse et puissance énormes et merveilleuses dont disposait Adam pour gérer et régner ou dominer !

Par contre si Adam et Eve se prenaient la liberté d’essayer de vouloir prendre la place de Dieu en voulant décider par eux-mêmes de ce qui est bien et de ce qui est mal comme l’avait déjà fait Lucifer, alors la Mort et les ténèbres entameraient leur gloire et leur beauté originelle et finiraient par les supprimer. Ce fut l’avertissement de Dieu.

C’est pourquoi, lorsqu’ils ont péché, ils se sont couverts avec des feuilles de figuier pour se revêtir et ainsi cacher les ténèbres et la Mort qui sont immédiatement apparues telle une lèpre sur leur corps initialement fait de feu et de lumière. Il voulait cacher et couvrir l’horreur à leurs propres yeux ainsi qu’aux yeux de Dieu. Leur âme était terriblement perturbée : ils avaient honte. En plus ils avaient peur et se sont de ce fait cachés devant Dieu : feu, lumière, gloire, vie sans ombre aucune. La peur entraîna la déchéance morale à savoir l’accusation d’autrui et par là la fuite devant les responsabilités.

Enfin vinrent les condamnations : haine, guerres, labeurs, dominations ou oppressions, peines et souffrances pour survivre et finalement la Mort (Genèse 3:7ss). Il est clair que parallèlement l’espace-matière-temps avec ses limitations désormais mis en place par Dieu via ces condamnations devint une prison terrible. La création originelle parfaite, glorieuse devint une création intermédiaire, provisoire avec certes une part de gloire pour permettre la durée dans le temps (Colossiens 1:17b) mais aussi avec une part de destructions et de catastrophes. Il reste toutefois l’espoir de la postérité aussi dans la durée par laquelle la tête du Serpent sera écrasée.

En attendant Dieu tua des animaux pour en prendre les peaux de mort et en revêtir et recouvrir Adam et Eve. Ces peaux devaient en quelque sorte maintenir la vie partielle c’est à dire le sang dans un corps de mort gangrené en partie privé de vie et de lumière (Genèse 4:10). Le sang (DaM) c’est à dire une réalité physique est aussi à identifier avec la vie, l’âme (NePHeSCH) ! Autrement dit c’est au niveau du sang que se rejoignent le « BaSaR » et la « NePHeSCH » ou la chair et la vie, le feu, la lumière (Genèse 9:4-6) !!! C’est pourquoi une fois de plus il faut affirmer l’unité de l’être humain, esprie, âme et corps, sachant que la chair des peaux de mort animales est dorénavant incrustée dans ce dernier.

Par la suite, nous constatons que la longévité d’Adam et de ses descendants immédiats est énorme : plus de 900 ans pour certains ! (Genèse 5). La qualité de leur sang devait être excellente par la présence encore importante de feu et de lumière divins qui y était maintenue par l’Esprie. En effet, quelle gloire, quelle lumière divine dans ce sang ! Ce n’est que plus tard, à cause de la méchanceté des hommes, que cette longévité fut réduite à 120 ans puis à 70 et 80 pour les plus robustes (Genèse 6:3 ; Psaume 90:10). La moyenne de longévité dans certains pays et au Moyen-âge fut encore nettement inférieure.

Pour tous ces passages un seul mot est employé en hébreu pour signifier année à savoir « SCHaNa » qui a évidemment la même durée que notre année actuelle.

Le marquage du temps notamment au moment du déluge semble relativement important (Genèse 7:11 ; 8:13). Noé avait 600 ans au début du déluge et vécu encore 350 ans après le déluge. Noé vécu donc 950 ans en tout (Genèse 9:29). Le décompte des années avant et après le déluge furent les mêmes d’après le texte.

Abraham vécu 175 ans et eut après le décès de Sara 6 enfants avec Kétura (Genèse 25:1), sachant qu’il avait près de100 ans à la naissance d’Isaac ! Sara en avait 90 (Genèse 17:17 ; Romains 4:19 ; Hébreux 11:11) ! D’ailleurs Abraham a ri (Genèse 17:17) comme Sara par la suite au moment où Dieu annonça la naissance d’Isaac ! (Genèse 17:19ss ; 18:12ss).

Quand on a quelques connaissances gériatriques, on ne peut que constater la gloire de la Sainte Esprie sur le corps de ces personnes.

Il en est de même pour Moïse au visage resplendissant de gloire qui n’avait rien perdu de sa vigueur et de sa vue au moment de son décès [ou départ ?] à 120 ans ! (Exode 34:33-34 ; Deutéronome 34:6-7). Ainsi les années eurent et ont approximativement la même durée que ce soit au temps d’Adam, de Noé, d’Abraham, de Moïse ou encore aujourd’hui.

En effet les planètes et les étoiles (Genèse 1:16ss), l’aspect cyclique des saisons certes plus ou moins marquées selon les endroits déterminaient le temps en général et les années en particulier. Connaître les bonnes périodes pour les semailles et les récoltes était en effet capital pour la survie du genre humain.

Nous remarquerons aussi que la réduction de la longévité et/ou le vieillissement de Genèse 6, a moins frappé les hommes de foi cités plus haut. Il y a donc une relation entre la foi et la longévité due à la gloire de l’Esprie imprégnant le corps des croyants ! Ce fut vrai en tout cas pour certains dans l’Ancien Testament, à plus forte raison cela devrait être d’autant plus vrai pour celles et ceux qui y croient dans le cadre du Nouveau Testament ! (2 Corinthiens 3:6-18)

 

  1. Ce que Jésus-Christ nous a restitué avec les conséquences

 

Si nous avons bien noté comment étaient Adam et Eve avant la chute nous savons ce que Jésus-Christ nous a restitué et les conséquences en découlant.

 

  • Jésus-Christ nous a restitué l’immortalité

En général, à juste titre, la restitution enseignée s’arrête à l’homme intérieur. Le corps doit donc mourir, ce qui est conforme à la réalité limitée de l’espace-matière-temps et ensuite pour le jugement dernier, il y aura la résurrection des morts avec un corps incorruptible. Pour ceux qui auront cru en Jésus-Christ, commencera alors la vie éternelle dans les lieux célestes.

Toutefois il ne s’agit que d’un Evangile au rabais car Adam et Eve étaient immortels à condition qu’ils ne pèchent pas. Par Jésus-Christ nous sommes justifiés, donc nous ne devrions plus subir le salaire du péché à savoir la Mort, même la première Mort et donc nous devrions bénéficier de l’immortalité ou du salut du corps ou de la métamorphose du corps dès à présent.

C’est pourquoi quand Jésus-Christ Glorifié remit les pendules à l’heure, la première promesse pour l’Eglise des Vainqueurs contenue dans la première lettre aux églises dans l’Apocalypse concerne l’accès à présent possible à l’Arbre de Vie ou l’immortalité (Apocalypse 2:7b ; Genèse 3:22). Notre corps mortel devrait donc obligatoirement être métamorphosé à l’image de Dieu comme celui d’Adam et d’Eve avant la chute à savoir transformé en feu, en lumière et en gloire.

Rappelons que 2 Timothée 1: 9c-10 dit : « Dieu…nous a sauvés et nous a adressé une sainte vocation, non à cause de nos œuvres, mais selon son propre dessein et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant les temps éternels, et qui a été manifestée maintenant par l’apparition de notre Sauveur Jésus-Christ, qui a détruit (en grec : part. aor. passé**)** la mort et a mis en évidence (en grec : part. aor. passé) la vie et l’immortalité par l’Évangile. » L’immortalité (aphtarsia : précision importante dans le texte citée à côté de la « vie » – zoé – pour bien montrer que les deux réalités, bien que proches, ne sont pas à confondre l’une avec l’autre) engendrant la destruction de la mort opérée par grâce par Jésus-Christ, fait partie de la Bonne Nouvelle (= Evangile) pour « maintenant » c’est à dire « avant les temps éternels » !

Notons qu’Hénoch et Elie sous le régime de l’Ancienne Alliance ne connurent pas la première mort (Genèse 5: 22 ; Hébreux 11: 5 ; 2 Rois 2: 11-13 ; Malachie 4: 5). Ils ne connaîtront évidemment pas la seconde mort ! A plus forte raison, nous, sous le régime de la Nouvelle Alliance, considérée comme « meilleure » (2 Corinthiens 3:6-18), devrions-nous bénéficier de l’Immortalité !!!

Romains 2: 7 dit : « Dieu…réservant la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire cherchent l’honneur, la gloire et l’immortalité. »

1 Corinthiens 15: 53 nous montre clairement qu’aphtarsia et atanasia sont ÉQUIVALENTS : « Il faut en effet que le corruptible revête l’incorruptibilité (= aphtarsia : incorruptibilité, immortalité, intégrité physique) et que le mortel revête l’immortalité (= atanasia : immortalité**)** ». Ce passage fait clairement la distinction entre la Vie Éternelle et l’Immortalité. Cette dernière se recherche par la « persévérance à bien faire » (Romains 2: 1+14-16).

Nous avons décrit la déchéance progressive du corps des êtres humains dans l’Ancien Testament. Par Jésus-Christ et Son sacrifice expiatoire nous sommes délivré du péché et de ses conséquences et nous avons, contrairement à Adam et à Eve, accès à l’Arbre de Vie et la possibilité de « vivre éternellement » (Genèse 3:22 et Apocalypse 2:7).

 

  • Jésus-Christ nous a restitué le règne

Très rapidement dans le livre de l’Apocalypse une louange et adoration parle de sacrificateurs et de rois ou royaume (Apocalypse 1:6 ; 5:10).

Le sacrificateur juif avait accès au Saint des Saints ce qui correspond à la Salle du Trône. Il avait aussi des habits et des ornements spécifiques après les sacrifices d’expiation sur l’autel pour avoir le droit d’entrer dans le Lieu Très Saint. C’est ce qui arriva dans la réalité à Jean en Apocalypse 1 et 4 lorsqu’il fut métamorphosé en son corps ou « devint en esprie » et qu’il est « monté » devant le Trône. C’est ce qui doit nous arriver (Apocalypse 3:18-21) !

Le texte de l’Apocalypse nous montre qu’avant de régner, il y a encore des batailles à remporter. Toutefois il est important de savoir que ces batailles doivent être menées à partir de la Salle du Trône et des lieux célestes.

L’Eglise actuelle mène des batailles à partir de l’espace-matière-temps, ce qui est peine perdue : 2000 ans d’histoire de l’Eglise nous permettent d’avoir un recul non négligeable pour pouvoir affirmer cela malgré les merveilleux et puissants réveils malheureusement toujours suivis de scléroses diverses.

En plus, l’Ennemi nous tient en échec parce qu’il est dans des lieux célestes (2ème ciel ; cf. 2 Corinthiens 12:2c : 3ème ciel et l’univers matériel 1er ciel) et a même accès à la Salle du Trône pour nous accuser devant le Père (Apocalypse 12:10). C’est là que réside sa puissance destructrice. De plus, nous nous battons dans et à partir de la prison espace-matière-temps dont il est le Prince. Quelle erreur de stratégie basique de la part de l’Eglise !

Pourtant notre règne est clairement annoncé ! Il est précédé de conquêtes certes gagnées d’avance parce que Jésus a vaincu sur la Croix et par la Résurrection. Toutefois ces conquêtes doivent urgemment être entamées et accomplies à partir de la Salle du Trône ! Il n’y a pas d’autre option.

Nous avons, par nos écrits, longuement décrit ces conquêtes prévues dans l’Apocalypse à la suite de Jésus qui consisteront à :

  • amener un maximum de personnes au Seigneur pour le réveil le plus grand de l’Histoire en travaillant à partir du ciel, de la Salle du Trône (Apocalypse 6:2 ; 7 et 12:1 ; Jean 17:20 ss ; Ephésiens 6:12).
  • donner naissance à une nouvelle génération « enlevée » (Apocalypse 12:5c ; 12:12a) capable d’expulser définitivement avec l’Archange Michel et ses anges le Dragon et ses démons des lieux célestes (Apocalypse 12:2-12).
  • vaincre l’Ennemi sur terre et l’en expulser (Apocalypse 17:14c ; 19:14)

Les conséquences seront le règne du Millénium sur terre (Apocalypse 20:4a ; 12:5b ; 2:26-27 ; 3:21) suivi du règne dans l’éternité dans le nouveau ciel et la nouvelle terre (Apocalypse 22:5c ; 3:21).

Tout cela est possible parce que Jésus a vaincu et tient les clés de la Mort et du Séjour des morts (Apocalypse 1:18).

Il nous restitue tout ce qu’Adam et Eve ont perdu à savoir l’immortalité et le règne si nous croyons en un Evangile complet.

 

CONCLUSION

Quel est l’Evangile que nous véhiculons ? Si l’Evangile est une bonne nouvelle (en grec : eppangelion) alors c’est réellement et complètement une bonne nouvelle et pas une bonne nouvelle assortie d’une multitude de mauvaises nouvelles.

Jésus a tout accompli pour que cela soit une bonne nouvelle et rien qu’une bonne nouvelle ! Pour cela il faut urgemment et impérativement se positionner métamorphosés dans la Salle du Trône pour pouvoir apporter l’Evangile intégral, gagner les batailles et ensuite régner !

Notre Seigneur Jésus-Christ nous a tout restitué : gloire et honneur à Son Saint Nom !

En Lui,

Martin BUSCH

48. Le fond et la forme

INTRODUCTION

« Dieu,… à la fin des jours… nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de tout par qui il a fait les ères ; lui (le Fils) qui est le resplendissement (apaugasma = reflet, rayonnement, éclat) de sa (de celle de Dieu le Père) gloire et le caractère (charakter= caractéristique, caractère, empreinte, expression) de sa substance (upostasis = substance, base, fondement, contenu, fond, profondeur, être, nature, l’âme, ce qui est au fond de l’âme, réalité profonde, confiance inébranlable ; upo = sous, à l’origine, par le fait de ; stasis stabilité, fermeté, résistance, qui se tient, état immuable, existence) portant le tout par la parole de la puissance (rhèmati tès dunameos = parole, langage de la puissance, force, du pouvoir, discours, événement, parole dynamique), ayant fait la purification des péchés, s’est assis à la droite de la majesté (mégalosunè = majesté, hauteur, magnificence, gloire) dans les cieux » (Hébreux 1:1-3)

«Comportez-vous entre vous comme en Christ Jésus qui en forme (morphè = forme du corps, figure extérieure, apparence, morphologie) de Dieu ne considéra pas comme une proie à rester identique à Dieu mais s’est lui-même vidé (kenoo = vider, rendre vain, sans effet, se dépouiller, se priver de force, épuiser, évacuer, faire sortir), ayant pris la forme d’esclave en devenant identique aux humains et quant à son aspect (skèma = forme, aspect, apparence, ce qui est visible, attitude extérieure, figure ; cf. schéma) découvert (eurisko = découvrir, trouver, montrer) comme un humain, il s’abaissa lui-même devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort de la croix… » (Philippiens 2 :5-8).

Nous observons deux pôles conceptuels à savoir :

  • L’upostasis correspondant davantage à la personnalité, à l’âme, à l’esprit, au fond ou fondement, à la nature, à la profondeur de Dieu, de Jésus-Christ et par extension à l’homme créé à Son image. De l’upostasis émanent par exemple l’amour, la justice, l’intelligence ou au contraire de l’homme vivant loin de Dieu la haine, l’injustice, le péché, la méchanceté, la bêtise, l’obscurantisme etc. …

  • La morphè et le skèma correspondant davantage à la forme, à la corporéité, à l’apparence, à l’aspect, au schéma, à la structure, à ce qui est visible, à la morphologie, à la figure, à la forme du corps de Dieu, de Jésus-Christ et par extension à l’homme créé à Son image. De la morphè et du skèma émanent par exemple ce que l’on voit c’est à dire la taille, la beauté, la splendeur, le rayonnement, la gloire, la lumière, le feu et de l’homme mortel vivant loin de Dieu à terme la déchéance physique, la maladie, le vieillissement et la mort etc. …

Nous retrouvons ces concepts dans l’Ancien Testament à savoir :

  • YaTSaR en hébreu à traduire par « former » (façonner, fabriquer, concevoir, forger) est à distinguer de bara ; « créer » qui consiste à faire à partir de rien (expression consacrée : ex nihilo).

  • Dieu forma l’homme à partir de la poussière de la terre. Il prend une espèce de forme ou de matière, en l’occurrence de la terre, pour former une nouvelle forme celle de l’homme ou son corps. Il lui insuffla un souffle de vie (NiCHeMaH HaYiM ; Genèse 2:7) par lequel Il glorifia la forme de l’homme à Son image et mit en lui ce qui correspond à l’âme.

  • Nous retrouvons encore l’expression YaTSaR en Zacharie 12:1 : « Parole de Yahvé qui a déployé les cieux, fondé la terre et formé (YaTSaR) l’esprie (ROUaCH**)** animant l’homme (VeYoTSeR ROUaCH ADaM BeKoReBoTH).

  • L’appel de Dieu à Jérémie est aussi intéressant (Jérémie 1: 5ss) : « Avant que je t’eusse formé (YaTSaR) dans le ventre de ta mère, je te connaissais… » Jérémie préexistait à sa formation corporelle par Dieu dans le ventre de sa mère. Son âme et son esprie préexistaient à sa conception et à sa naissance puisque Dieu le connaissait avant. Jérémie existait déjà préalablement au niveau de son âme et de son esprie, mais il n’était pas « complet » ! Il fallait encore la formation du corps ou de la forme

Dieu a donc formé l’âme et l’esprie de l’homme ou son « upostasis » puis le corps (morphè) dans le ventre maternel.

Nous constatons que l’Ancien Testament propose une compréhension semblable à celle du Nouveau Testament : « …le Dieu de la paix puisse-t-il vous mettre à part (agiadzo) [votre] tout entier et que [votre] tout entier l’esprie (pneuma), l’âme (psychè) et le corps (soma) soit sans défaut (amemptos) dans l’avènement (parousia) de notre Seigneur Jésus-Christ (1 Thessaloniciens 5:23).

Il est évident que Paul parle de la première parousie de Jésus (Apocalypse 1:10ss) où Il institue et forme l’Eglise des Vainqueurs où l’être tout entier, esprie, âme et corps ou le fond et la forme, est sensé être mis à part dans la Salle du Trône (cf. écrit : « Retour ou retours de Jésus-Christ ? »).

Les théologies, les philosophies, la littérature et les mentalités migrent d’un pôle à l’autre privilégiant soit l’un soit l’autre ou encore éliminant carrément un pôle au profit de l’autre. D’après ces textes Dieu comme l’être humain à l’image de Dieu a une « upostasis – NiCHeMaH HaYiM » et une « morphè – skèma – YaTSaR ».

 

1. LE FOND OU LA FORME ?

Certains disent « A fond la forme » et d’autres disent à l’inverse « La forme au fond » mais d’après les passages bibliques ci-dessus on peut dire « Le fond et la forme, à fond ».

Au-delà des jeux de mots avec leurs limitations certaines, Jésus dit à Ses détracteurs : « Or afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés, je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit et va dans ta maison… » (Matthieu 9:6 ; Marc 2:10 ; Luc 5:24). Les scribes, choqués par le fait que Jésus ait pardonné les péchés au paralytique, autrement dit, Il S’est occupé du « fond » comme Dieu seul est autorisé à le faire au niveau du pardon (Marc 2:7), vont en avoir pour leur grade car la question qu’Il leur pose est sans appel : « Car lequel est le plus aisé de dire : Tes péchés te sont pardonnés ou de dire : Lève-toi, prends ton lit et marche ? »

Eux comme nous, avons la réponse, car s’occuper de la forme ou du corps du paralytique implique quelque chose de visible : ça marche ou ça ne marche pas et cela aux yeux de tous. Avec Jésus ça marche ou plutôt, il a marché : il s’est levé et est allé dans sa maison. Jésus démontre par la guérison de la forme qu’Il est Dieu et qu’Il a donc le droit de pardonner les péchés ou est en droit de s’occuper du fond !

Pour sortir du dilemme posé par « Le fond et la forme, à fond » comme Jésus le préconise, l’Eglise, par manque de parole dynamique de puissance avec résultats pour la forme, s’est cantonnée au « fond », à l’homme intérieur moins risqué car plus invisible et finalement a atteint le « fond du trou mortifère » tant pour la forme que finalement pour le fond.

Pour ne pas prendre de risques évidents, elle s’est « spiritualisée » et a donc fini par réduire le corps à une coquille sans importance de toute façon destinée à disparaître et à se désintégrer. Par sa théologie, elle a donc absorbé la forme, le contenant, l’apparence, l’homme extérieur par le fond, la substance, le contenu, l’homme intérieur. Elle fut en outre largement influencée par les méthodologies philosophiques grecques ayant construit leurs mythologies, pour élaborer ses premières théologies.

Par ailleurs, la pensée grecque a à la fois méprisé et sublimé tour à tour la forme par l’esthétisme, pensons aux statues de nus aux corps magnifiques ou le fond, pensons au suicide par empoisonnement de Socrate méprisant publiquement son corps et à l’expression « amour platonique » qui est un amour non physique.

Au Moyen-Age avec l’omniprésence de la religion catholique romaine la forme était généralement absorbée par le fond au niveau du discours religieux bien que cela ne fut pas le cas dans les domaines sociaux et liturgiques (habits spécifiques identifiant la noblesse, le clergé et le tiers état).

La civilisation occidentale sublime actuellement la forme ou le corps, l’apparence, le « paraître », le « look » et le blabla superficiel et considère le fond surtout à partir de cette sublimation. Le fond occidental est en effet construit à partir des sciences dites exactes, de l’observable, du visible, de l’image, de l’immédiateté entre autres financière et d’une littérature très souvent débridée. Ainsi elle absorbe le fond par la forme.

C’est comme si le vin était absorbé par la bouteille ou l’inverse. L’un ne peut pourtant pas aller sans l’autre. La bouteille sans le vin est vide. Sans la bouteille le vin se répand et ne peut être ni transporté ni consommé. La bouteille ou la forme n’est pas à confondre avec le vin ou le fond ni inversement.

Alors le fond ou la forme ? Non, le fond et la forme, à fond !

 

2. LE FOND ET LA FORME, A FOND

« C’est pourquoi réjouissez-vous, cieux, et ceux qui y ont dressé leur tente » (Apocalypse 12:12).

Nous savons qu’il s’agit ici de celles et ceux qui, après l’enlèvement (Apocalypse 12:5c) et que le Dragon ait été jeté sur terre hors des lieux célestes, habitent définitivement avec leur corps ou leur tente (2 Corinthiens 5: 1-4 ; 2 Pierre 1:13) dans les cieux.

Avant l’enlèvement l’Eglise des Vainqueurs évolue toutefois déjà dans les lieux célestes avec le corps glorifié (Romains 8:23 ; 2 Corinthiens 3:18 ; Apocalypse 5:10 ; 6:2 ; 7 ; 12:1).

Comme Dieu a formé le fond et la forme de ce qu’est l’être humain, Il tient à ce que non seulement l’upostasis ou le fond soit sauvé de la mort et de la destruction mais aussi la morphè ou la forme.

Jésus a pris la forme humaine d’esclave soumis à l’espace-matière-temps pour nous sauver en entier de notre prison. En remontant vers le ciel après sa mission salvatrice terrestre, il a fait captive la captivité ou encore il emmené des captifs esprie, âme et corps (Ephésiens 4:8). Bref Son œuvre est une œuvre de restauration parfaite et complète pour que le fond et la forme de l’homme soient sauvés, totalement délivrés et retrouvent leur conformité au fond et à la forme de Dieu (Romains 8:29) !

Quand Jésus est monté au-dessus de tous les cieux, Il veut « remplir toutes choses », Il a donné les ministères pour que nous aboutissions à l’unité de la foi, de la connaissance du Fils de Dieu, à l’homme adulte (fond), à la mesure de la taille de la plénitude du Christ (forme ; Ephésiens 4:13) autrement dit à l’Eglise des Vainqueurs avec le fond et la forme parfaits ! Pour cela il est indispensable qu’aussi la forme ou le corps puisse être métamorphosé, transfiguré afin de pouvoir monter dans les lieux célestes glorieux car la chair et le sang n’hériteront pas du royaume de Dieu (1 Corinthiens 15: 50).

La mythologie grecque est d’ailleurs parlante à ce sujet : Morphée est la déesse des rêves et elle a pour parents Hypnos le dieu du sommeil et Nyx la déesse de la nuit. Hypnos a un frère jumeau Thanatos le dieu de la mort.

La forme, corps – morphè est dans une véritable prison et en danger très grave ! Arrêtons de rêver et tournons-nous vers la vérité, Jésus-Christ, venu sous la forme d’un esclave, nous délivrer de cet étau !!!

 

3. COMMENT CELA SE FERA-IL ?

Telle fut la question d’ordre purement physique de Marie à l’Ange Gabriel ! Dieu le Père fécondera Marie entourée par la puissance de Sa Mère céleste la Sainte Esprie, ainsi Celui qui naîtra sera saint et sera appelé Fils de Dieu (Luc 1:34-35).

Jésus-Christ a accepté de subir une métamorphose à partir de la forme de Dieu vers une forme humaine terrestre. Il S’est littéralement vidé (cf. 2ème texte de l’introduction) de la gloire céleste pour prendre la forme terrestre mortelle, limitée. Il lui aura été nécessaire de prendre conscience de qui Il était, de recevoir l’Esprie Sainte, de jeûner, de prier, d’être transfiguré pour récupérer la force et la gloire suffisantes pour rester saint et parfait, accomplir Ses missions et vaincre juridiquement l’Ennemi sur la croix.

Au moment de la résurrection Il bénéficia d’une métamorphose de la forme humaine, le corps mort vers la forme de corps glorifié par la Sainte Esprie (Romains 8:11). C’est dans cette forme qu’Il put se déplacer surnaturellement sur terre et aussi monter au ciel.

Il emmena les captifs, rendit captive la captivité (Ephésiens 4:8) en nous envoyant la Sainte Esprie ce qui est avantageux pour Ses disciples (Jean 16:7). La Sainte Esprie en effet est appelée à métamorphoser en Son sein maternel notre forme terrestre en la forme de Dieu (2 Corinthiens 3:18) dans le but que nous récupérions l’aspect et l’image originelle d’Adam et d’Eve ! Ils étaient formés à l’image de Dieu au départ.

Le début de la Genèse peut nous éclairer quant au COMMENT.

Au verset 1 ELoHiM crée, c’est à dire fait à partir de rien, ex nihilo le ciel et la terre parfaits et beaux.

Mais d’après le texte, les éléments de l’univers, du ciel et de la terre n’étaient plus là qu’en tant que « matière première » dans les ténèbres. Cette matière première n’était que « tohou va bohu », informe et vide, solitude et chaos, sans fond et sans forme dans les ténèbres… ! Elle existait sous forme intermédiaire puisqu’elle existait encore mais dans un état terrible. Il fallait donc former, TRANSFORMER, METAMORPHOSER cette affreuse matière première !

Mais pourquoi cette matière première était-elle un tohu bohu affreux ? En effet, ce n’est pas normal car Dieu ne crée pas le tohu bohu. En fait c’est suite à la révolte et à la chute de Lucifer (Esaïe 14:12-14 ; Ezéchiel 28:12-18 ; Luc 10:18) que la création initiale parfaite et belle du verset 1 a été mise dans cet état lamentable. Toutefois, même après la croix et la résurrection, nous voyons que le Serpent continue à avoir accès au paradis et à la salle du Trône (Genèse 3:1ss ; Job 1:7ss ; Zacharie 3:1ss ; Apocalypse 12:10) et reste le Prince de ce monde (Luc 4:6) à cause de la chute de l’homme.

Quel fut alors le plan de Dieu ?

L’Esprie d’ELoHiM couvait, couvrait, sondait, se mouvait sur le « visage », la face (ici phenè ; phanaim) des eaux.

Pour le parallélisme, il paraît que notre forme, notre corps contient 70 % environ d’eau… ! Nous avons aussi un « visage » … !

Suite à la chute d’Adam et d’Eve le tohu bohu a de nouveau fait un retour partiel mais pas aussi grave qu’en Genèse 1:2 où tout était carrément informe et vide. L’homme en l’état n’aurait pu y survivre. La création passa à un état intermédiaire espace-matière-temps vivable tel que nous le connaissons.

Il se trouve que l’Esprie Sainte depuis la Pentecôte suite à l’œuvre de Jésus se meut à nouveau sur la terre au-dessus des humains : Il sonde, couvre, couve, plane comme en Genèse 1:2 après la chute de Lucifer qui fut alors éjecté du 3ème ciel et surtout cantonné dans le 2ème ciel, le royaume des ténèbres (Ephésiens 2:2 ; 6:12), tout en ayant encore accès à la Salle du Trône pour nous accuser et bien entendu accès à la terre et ses habitants.

Genèse 1:3 est le début de la métamorphose à partir d’une terrible matière première intermédiaire marquée par le tohu bohu vers une création à nouveau parfaite couronnée par la formation par Dieu de l’être humain mâle et femelle.

Ce passage nomme tout ce qu’il faut pour démarrer la métamorphose :

  • ELoHiM pluriel de El est présent c’est à dire le Père, le Fils et la Sainte Esprie

  • VaYoMeR, « dit », est le verbe dire, la Parole : nous pensons à Jésus, la Parole faite chair (Jean 1:1ss).

  • YeHi, « soit, est », est le verbe être que nous retrouvons dans YHWH : nous pensons au Père (Exode 3:14).

  • OR, « lumière » : nous reconnaissons la Sainte Esprie, la puissance divine, la gloire et aussi la substance divine par laquelle les ténèbres sont chassés. Le feu est à l’origine de la lumière et il est dit que nous serons immergés dans la Sainte Esprie et le Feu (Luc 3:16 ; Actes 2: 3).

Dieu dit que la lumière soit [est] et la lumière fut [est] (VaYoMeR ELoHiM YeHi OR ; VaYeHi or)

La gloire de Dieu est prononcée dans le tohu va bohu satanique pour en faire à partir d’une matière première déchue ténébreuse l’or, le feu, la lumière la perfection. Au même titre que le tohu bohu, ce qui est informe et vide est métamorphosé, au même titre par Jésus non seulement notre fond qui est souvent vide mais aussi notre forme souvent informe doivent être métamorphosés par la Parole dynamique de vie prononcée engendrant l’explosion de la lumière : la substance glorieuse et la forme resplendissante caractérisant le fond et la forme de Dieu !

 

CONCLUSION

Que le fond et la forme, à fond dans la métamorphose soit opérée par la Sainte Esprie : « Que la lumière soit sur toi et la lumière est sur toi » dans le corps glorifié de Jésus !

47. Repentez-vous !

INTRODUCTION

La repentance est le commencement de tout début : « Repentez-vous (verbe grec métanoéo = changer d’avis, d’esprit, de connaissance, de manière de voir, se repentir) et convertissez-vous (verbe grec épistrépho = se tourner vers, se retourner, se détourner ; détourner pour remettre dans le droit chemin, retourner, revenir, se convertir, ramener) pour que vos péchés soient effacés. » (Actes 2:38 ; 3:19). Voilà ce que Pierre dit à ses auditeurs de faire à la Pentecôte, moment de la naissance de l’Eglise.

C’est un appel constant dans l’Ancien Testament (Par exemple Zacharie 1:3 ; Malachie 3:7 etc… verbe hébreu SHOUV = revenir, retourner), sans compter Jean-Baptiste (Matthieu 3:2) et Jésus Lui-même (Marc 1:15 ; Luc 13:3 etc…).

 

1. REPENTANCE, GRACE, JUSTIFICATION

Une fois convaincus de péché, de justice et de jugement par la Sainte Esprie (Jean 16:8), nous sommes appelés à :

  • nous repentir et à nous détourner du péché.

  • sincèrement demander pardon à Dieu et au(x) prochain(s) pour la vie de péché contraire à Sa Parole et à Sa Loi, loin de Lui, et aussi, si possible, réparer le mal perpétré.

  • nous détourner réellement et concrètement de toutes nos forces, de toutes nos pensées et par tous nos actes du péché.

Certes nous remarquerons que nous n’y arrivons pas avec nos propres forces et que sans l’aide et la transformation de la Sainte Esprie, c’est impossible. Mais pour que l’aide et la transformation de la Sainte Esprie, puissent intervenir, il faut obligatoirement manifester notre propre volonté d’y parvenir et travailler à notre salut même si Dieu produit le vouloir et le faire (« …travaillez à votre salut avec crainte et tremblement…Dieu…produit le vouloir et le faire » Philippiens 2:12-13). En effet, nous ne sommes pas des robots entre les mains de Dieu, sinon il n’y aurait plus de péché, ni de responsabilité ni de possibilité de condamnation ou de salut par la foi pour l’homme. L’homme a le libre arbitre et peut faire jouer sa volonté dans un sens ou dans un autre.

Comme dit, l’homme n’y arrive pas, tout en étant exhorté à essayer d’y arriver. C’est évidemment paradoxal.

  • La solution pour sortir de l’impasse est tout d’abord de croire en la justification obtenue par le Sang de Jésus versé sur la croix. Il S’est totalement substitué à nous. C’est là que se situe la grâce car elle ne peut être accordée que si l’homme se rend compte qu’il est dans l’impasse totale de l’impossibilité de plaire à Dieu. Le légalisme dit au contraire que l’homme peut, en respectant la Loi divine et très souvent d’autres lois à caractère religieux, mériter le salut tout ou partie ce qui est contraire à l’Evangile (Galates 5:4).

  • La solution c’est ensuite de « travailler à notre salut avec crainte et tremblement ». Dieu nous fait participer activement à Son œuvre et cette participation nous maintient dans la foi sur la durée. Ce travail à notre salut ou cette participation est le moyen de persévérer dans la foi salvatrice. La foi demande de l’entretien au quotidien**. Si on ne persévère pas dans la foi on perd le salut.** C’est pourquoi, il est indispensable de noter que ce maintien fidèle dans la foi sur la durée par la participation de l’homme à l’œuvre de Dieu pour soi et les autres est indispensable au salut. Il s’agit en fait de la sanctification sans laquelle nul ne verra le Seigneur (Hébreux 12:14 ; 2 Corinthiens 7:1 ; 1 Thessaloniciens 4:3+7 ; 2 Thessaloniciens 2:13 : « Dieu vous a choisis…pour le salut par la sanctification de l’Esprie et par la foi en la vérité » ; 1 Pierre 1:2).

La justification et la grâce n’autorisent ni l’économie de la repentance sincère, ni la continuation du péché (Romains 6:15) mais mènent par la participation de l’homme dans la sanctification de l’Esprie incluant la repentance à l’affranchissement du péché avec comme fruits de la sainteté aboutissant à la vie éternelle (Romains 6:22).

Ainsi, appelons péché ce qui est péché et refusons de tourner autour du pot. Bien entendu si la repentance et le retour concret à Dieu dans le cadre de cette participation ont été sincères et authentiques ne dévaluons surtout pas la justification et la grâce qui seules permettent d’effacer le péché, la culpabilisation et toutes ses conséquences néfastes. Mais la persévérance dans la participation pour garder la foi évitant de la sorte la rechute fatale est indispensable pour garder le salut (Hébreux 6:4-8).

Ainsi travailler avec crainte et tremblement à notre salut ne doit pas impliquer la doctrine du salut par les œuvres avec du légalisme en prime comme l’enseignait l’Eglise catholique romaine mais signifie le maintien dans la foi en l’œuvre de Jésus-Christ sur la durée sans lequel on risque de perdre le salut.

A l’opposé nous ne pouvons parler de salut par la foi seule comme l’enseignent les Églises de la Réforme. Il faut plutôt parler de salut par la foi maintenue grâce au travail persévérant avec crainte et tremblement à notre salut, la sanctification et les œuvres en général (Colossiens 1:22-23 : « pour vous faire paraître devant lui saints, irrépréhensibles et sans reproches si du moins vous demeurez fondés et inébranlables dans la foi, sans vous détourner de l’espérance de l’Evangile que vous avez entendu »).

L’Apôtre Jacques a clairement écrit que la foi sans les œuvres est inutile (Jacques 2:20). Par conséquent si dans ce cas la foi est inutile, elle est inutile, c’est à dire qu’elle ne donne pas le salut. Il écrit plus loin : « Vous voyez que l’homme est justifié par les œuvres et non par la foi seulement. » (Jacques 2:24). D’ailleurs les Réformateurs n’aimaient pas l’Épître de Jacques et pour cause ! Luther parlait « d’épître de paille ». Ils y opposaient Ephésiens 2: 8 –11 : « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est pas par les œuvres afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions. » et surtout le fameux Romains 1:17 redécouvert par Luther : « Le juste vivra par la foi » (cf. aussi Galates 3:11 ; Hébreux 10:38).

Que dire alors de la parole déconcertante de Paul qui écrit : « Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous ; et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l’achève en ma chair pour son corps qui est l’Eglise » (Colossiens 1:24).

Là encore parlons de participation du croyant sur la durée pour garder la foi : « Car pour moi, je sers déjà de libation et le moment de mon départ approche. J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m’est réservée… » (2 Timothée 4:6-8a)

En réalité il y a une saine et indispensable interaction équilibrée entre les deux pôles finalement considérés par Jacques, comme par Paul et Jean (1 Jean 1:7-10 ; 3:5-9) pour ne nommer qu’eux.

Pour que cette interaction puisse se faire de façon efficace, il faut commencer par se repentir. Il ne s’agit pas de se flageller mais d’accepter de se repentir par rapport à un enseignement erroné ayant fait beaucoup de dégâts relatifs à la justification. La repentance signifie aussi se remettre en cause devant Dieu de fond en comble au niveau de notre être déchu, de notre identité frelatée engendrant la pratique du péché. Alors intervient la justification via cette foi maintenue dans l’espace-matière-temps.

2. REPENTANCE, GRACE, GLORIFICATION

« Si tu ne te repens, … » (Apocalypse 2:5b ; 2:22c ; 3:3). Voilà le même appel à la repentance que Jésus-Christ glorifié fait à une grande partie des sept églises de l’Apocalypse.

Par la nature des reproches de Jésus nous voyons qu’ils portent autant sur les œuvres (Apocalypse 2:23c ; 3:2 par exemple) que sur une foi pas uniquement centrée sur le sacrifice de Jésus (Idolâtres et Nicolaïtes : légalistes et gnostiques Apocalypse 2:14, 15 par exemple).

La foi maintenue n’a pas vraiment tenu le choc après quelques décennies d’existence de l’Eglise dans l’espace-matière-temps. Jésus-Christ glorifié lors de son premier retour promis pour les Siens (Matthieu 16: 28 ; Marc 9:1 ; Luc 9: 27 ; cf. écrit « Retour ou retours de Jésus-Christ ? ») n’a pas manqué de le souligner, d’où l’appel à la repentance. La justification nécessite la repentance préalable mais comme les promesses faites aux 7 églises décrivent les aspects de la glorification avec le passage dans les lieux célestes à la clé, la repentance préalable est tout aussi indispensable.

Nous retiendrons deux passages montrant que la suite de la justification est la glorification :

« …ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés » (Romains 8:30 ; cf. aussi 8:17).

« Bien aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu (justification) et ce que nous serons (glorifiés) n’a pas encore été manifesté (période avant l’Apocalypse) ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté (1er retour de Jésus glorifié pour les Siens ; glorification), nous serons semblables à lui (glorification), parce que nous le verrons tel qu’il est (glorification). » (1 Jean 3:2).

Cette glorification devait avoir lieu lorsque Jésus glorifié a institué l’Eglise des Vainqueurs en Apocalypse 1 à 3. Seul Jean l’a vécue. Les échecs évidents apparaissant dans une histoire de l’Eglise si longue de 2000 ans démontrent clairement que la glorification n’était ni recherchée ni vécue. La foi avec les œuvres vise à la perfection (Jacques 2:22). L’Eglise a failli sur toute la ligne parce qu’elle ne s’est repentie ni par rapport à la justification, ni par rapport à la glorification apportant la perfection.

La source du problème est clairement l’abandon de l’amour premier pour Dieu (Apocalypse 2:4). Il s’agit de cet amour fou, inexplicable (1 Corinthiens 13) qui nous « donne des ailes » avec cette envie irrésistible de nous approcher de Dieu par amour (Matthieu 22:37 ; Marc 12:30 ; Luc 10:27). Cet amour pour Dieu doit se situer au niveau de l’être intérieur : cœur, âme, pensée et au niveau du corps : force physique (Iskus, iskuos = force physique, vigueur, puissance).

Si nous revenons au passage d’1 Jean 3:2 nous remarquons clairement que la glorification concerne le corps. Car c’est d’abord avec le corps glorifié que nous serons semblables à Lui et c’est avec les yeux du corps glorifié que nous le verrons tel qu’Il est. A ce moment-là, à savoir la période avant les événements de l’Apocalypse, cela ne s’était évidemment pas encore manifesté. Mais au moment où Jésus glorifié apparut à Jean (Apocalypse 1:12ss) et qu’Il lui dit plus tard de « monter » devant le Trône (Apocalypse 4:1), il fallait que son corps soit métamorphosé ou glorifié car « la chair et le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu » (1 Corinthiens 15:50). Donc cela s’était manifesté !

L’Eglise d’alors comme celle qui suivit et l’actuelle furent et sont appelées à aimer Dieu non seulement avec leur cœur, leur âme, leur pensée mais aussi avec leur force physique, leur vigueur, leur puissance qui se situent clairement au niveau du corps. Le refus à cet appel ressemble un peu à un couple marié sans relations sexuelles donc physiques ou corporelles.

Avant que « cela ne soit manifesté » cet amour ne pouvait se situer qu’au niveau de l’être intérieur mais le résultat fut médiocre. Jésus glorifié appela donc à la repentance. Après que cela se soit manifesté à savoir le premier retour de Jésus pour les Siens en vue de la glorification et notamment pour Jean, comme l’Eglise n’a pas accepté de vivre cette expérience, cela fut non seulement médiocre mais catastrophique : Jésus glorifié nous appelle plus que jamais à la repentance.

 

3. IL FAUT SE REPENTIR !

Il faut se repentir et/ou changer d’avis concernant l’enseignement sur la glorification ou le salut, la métamorphose du corps qui est valable depuis que « cela s’est manifesté ». Il faut se repentir à cause de l’abandon du premier amour qui est clairement lié à la carence de l’enseignement relatif au salut corps. Il faut se repentir car la déchéance morale, doctrinale et de puissance de l’Eglise sont clairement à mettre en relation au fait que notre corps ne soit pas inclus dans le processus de salut. Il faut se repentir car nous avons 2000 ans de retard dans l’accomplissement des missions que l’Époux a prévues pour Son épouse qui doit pour ce faire être préalablement semblable à Lui !

Il faut se repentir car nous n’avons pas la foi pour recevoir la métamorphose du corps par grâce parce que notre participation, nos œuvres n’ont pas comme but premier d’amour pour Dieu de prendre la position céleste de l’Eglise des Vainqueurs en proximité réelle avec Lui. Il faut se repentir car nous n’aimons pas notre prochain comme nous-mêmes vu que dans notre situation actuelle emprisonnés avec notre corps dans l’espace-matière-temps, nous ne pouvons en aucun cas relever le défi de l’évangélisation mondiale efficace en vue du salut de milliards de personnes (Apocalypse 7) etc. …

Il faut se repentir car nous tergiversons et tournons autour du pot par rapport à notre péché et celui des autres car nous constatons que nous n’arrivons de toute façon pas à résister à la pression du monde et à répondre aux exigences concrètes de la Parole de Dieu dans notre prison espace-matière-temps. Il faut se repentir car nous n’appelons plus péché ce qui est péché.

Il faut se repentir car nous avons quelquefois la foi pour de rares guérisons miraculeuses, quelques changements miraculeux de circonstances terrestres mais pas pour le miracle de l’immortalité du corps ainsi que celui de la métamorphose miraculeuse du corps en vue de la « montée » vers notre Dieu que nous disons aimer. Sachons que l’Eglise des Vainqueurs produit le miraculeux et le surnaturel à foison ! Elle libère les lieux célestes et terrestres de l’oppression de l’Ennemi !

Il faut se repentir et s’humilier car ce n’est tout simplement pas notre priorité alors que c’est la priorité absolue de Jésus glorifié !

 

CONCLUSION

Parler, écrire de repentance n’est pas agréable surtout pour soi-même. Changer d’avis, d’état d’esprie, d’une manière de voir face à une connaissance nouvelle, autre, est passablement humiliant. Mais nous sommes appelés à revenir, à nous tourner vers le Seigneur pour nous remettre dans le droit chemin.

Il est là pour nous y aider.

En Jésus,

Martin BUSCH

46. La réalité

INTRODUCTION

« Ceux qui voient la réalité en face ont les pieds sur terre et assument ».

« Ceux qui ne vivent pas comme cela, sont « anormaux » et n’arrivent pas à s’adapter à la réalité de la vie et des circonstances et n’arrivent pas à prendre leurs responsabilités. »

Les psychothérapies par exemple, ont entre autres comme but de permettre aux patients d’affronter à nouveau la réalité de la vie, de retrouver leur équilibre, leur stabilité et leur liberté, de s’assumer et de prendre leurs responsabilités à tous les niveaux. Il s’agit notamment, pour tenter d’y arriver, de faire sortir de l’inconscient de façon professionnelle tout ce qui est « oublié, enfoui, refoulé » et qui, telle une gangrène, provoque des blocages et des dysfonctionnements comportementaux et par là différentes pathologies. Tout cela doit être sorti de l’oubli et/ou de l’ignorance, traité pour que cela soit « digéré, assumé » au niveau du conscient, de la perception du réel, par le patient. Au-delà de cette description certes trop rapide, nous aimerions par là aboutir au concept de ce qu’est la réalité qui est en général traduit par vérité du grec aletheia dans le Nouveau Testament.

En grec aletheia signifie réalité, vérité, sincérité, franchise. Mais si on considère les racines du mot : a-lèthè : « a » signifie hors de, surgissement hors de et lèthè signifie oubli, ignorance, inconscience. Étrangement, nous retrouvons là le processus psychothérapique où il s’agit en quelque sorte de dévoiler, de révéler, de faire sortir, surgir ce qui est caché, enfoui, oublié pour aborder la réalité en face.

En hébreu A(e)MeTHsignifie vérité, réalité, fidélité et est à mettre en relation avec amen (En vérité, en vérité : amen, amen) et A(e)MOUNaH qui signifie foi, fidélité, sincérité conscience, vérité, loyauté, stabilité, constance.

Dans la pensée juive les trois consonnes du mot a(e)meth à savoir aleph, première lettre de l’alphabet hébreu, mèm lettre au milieu et tav dernière lettre désignent le temps bien entendu en lien indissociable avec l’espace-matière. C’est le commencement, le milieu ou le présent et la fin. Quelle désignation intéressante de la réalité ! Commençons par commenter cette dernière dans la perspective de la réalité.

 

1. La réalité selon l’ A(e)MeTH

Tout monde est en général d’accord quand on parle de la réalité suivante suggérée par l’A(e)MeTH : il y a le temps qui passe, la matière sous toutes ses formes et la mort qui finit par arriver, tout cela dans un contexte à la fois linéaire de début et de fin et cyclique répétitif dans les similitudes (cf. schéma de la spirale ou du ressort). Dans ce contexte, il faut essayer de vivre le moins mal possible…

D’après la pensée juive relative à a(e)meth le temps comporte comme dit, un commencement, un milieu et une fin. Mais si commencement il y a, il faut obligatoirement quelque chose avant le commencement et si fin il y a, il faut obligatoirement quelque chose après la fin. Ce quelque chose doit de ce fait avoir une valeur intemporelle, immortelle, toute puissante, c’est à dire une valeur fondamentalement existentielle, de l’Être qui S’est justement présenté à Moïse comme le « Je suis Celui qui est » : YHWH (Exode 3).

La réalité immanente temporelle à la fois évolutive et cyclique a en l’état étrangement besoin de la mort pour survivre sinon il y aurait un problème alimentaire et de surpopulation entre autres. Cette réalité à cause de la mort nécessaire est obligatoirement instable. Mais une réalité instable ne peut se maintenir et donc ne peut exister à terme. Pourtant elle tient et elle existe c’est pourquoi elle renvoie nécessairement sous peine d’impossibilité d’existence justement à cause de son instabilité, à une réalité transcendante intemporelle non évolutive stable qui est par définition seule capable d’être source de maintien provisoire. (Colossiens 1:17b).

Il faut en effet qu’il existe la stabilité absolue pour qu’une réalité instable puisse continuer à exister sur une durée même infinitésimale.

Le temps avec ses cycles et sa temporalité linéaire de débuts et de fins est par essence imprégné par la mort qui est fin, ce qui implique irrémédiablement tôt ou tard la destruction finale sans renaissance possible (Apocalypse 20:11b).

Un exemple de compréhension qui a certes ses limites conceptuelles : une pomme qui a un tout petit point de pourriture se désintègrera incontestablement sur une durée plus ou moins longue.

Le temps est un sursis, un compromis, une réalité intermédiaire qui a remis la désintégration immédiate et instantanée à plus tard. Mais il est par définition atteint par la pourriture de la mort, de la finitude et ne peut que disparaître à terme. Il porte en lui-même sa destruction et sa fin totale et définitive.

 

2. La réalité selon l’aletheia

Aletheia propose l’approche de la réalité qui s’oppose à l’oubli, à l’ignorance l’inconscience voire à la mauvaise foi dans certains cas. Reconnaître, observer, constater la réalité immanente doit obligatoirement pour la raison énoncée dans le paragraphe consacré à A(e)MeTH, faire sortir, surgir hors de l’oubli, de l’ignorance ou encore de l’inconscience la réalité transcendante du « Je suis » ou de l’Être, stable, immuable donc intemporel et par là seul capable de maintenir l’immanence sur une durée certes limitée.

En effet le temps composé de débuts et de fins se définit dans ses limitations ce qui implique obligatoirement et existentiellement la limitation ultime finale. Il est le contraire de l’éternité tout en étant la démonstration de celle-ci.

Alethia fait état d’une réalité d’éternité enfouie dans l’inconscient de l’être humain. Celui-ci a « refoulé » et enterré l’évidence de YHWH le Créateur, le Vivant qu’il porte en lui dans sa mémoire existentielle à travers ses ancêtres Adam et Eve ayant été face à face avec Lui.

L’être humain confronté à la mort tente de la refouler en cherchant une possibilité de survie ici-bas et dans l’au-delà d’où les religions et certaines idéologies et philosophies en tous genres. Mais il ne se tourne pas vers la bonne adresse, car il a aussi refoulé et/ou oublié le Dieu vivant ! Il se tourne vers des valeurs à l’image de son environnement et des perceptions qu’il en a.

Pourtant la réalité du « Je suis » par définition stable aurait dû être la bonne adresse puisqu’elle est maintien et source de Vie donc seule à même de procurer la vie pour l’être humain dans son entier esprie âme et corps ici-bas et dans l’au-delà.

Mais elle est maintenue injustement captive par ce refoulement. Elle a besoin de surgir hors de ce tombeau de l’inconscient qui est une prison à l’image de l’environnement temporel matériel et spatial de l’homme.

L’éclatement de la vérité doit surgir hors de l’oubli, de l’inconscient, de l’ignorance de l’homme pour qu’il soit effectivement dans la réalité – aletheia.

Paul écrit à ce sujet : « La colère de Dieu, en effet, se révèle du ciel contre toute impiété et injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité [réalité – aletheia] captive… En effet, les choses invisibles [de Dieu] depuis la création du cosmos deviennent visibles par les œuvres [réalité de la création immanente] ainsi que sa puissance éternelle et sa divinité. Ils sont donc inexcusables. » Romains 1:18+20.

La création visible rend « visible, fait sortir, surgir de l’oubli » les choses invisibles de Dieu ainsi que Sa puissance éternelle et sa divinité. Le maintien de la création intermédiaire instable par la stabilité divine, rend cette dernière visible de façon indiscutable.

 

3. La réalité selon zoé ou réalité essentielle

D’un point de vue existentiel il nous faut préciser davantage de choses, car si nous considérons d’un côté l’existence de l’espace-matière-temps instable qui renvoie logiquement et obligatoirement vers l’existence de Celui qui est stable, qui maintient tout (Colossiens 1:17b) pour qu’il puisse y avoir existence et non néant (tohu va bohu = informe et vide Genèse 1:2), il nous faut en plus impérativement démontrer la relation – vie – zoé entre les deux.

La relation est d’ores et déjà une réalité à tous les niveaux de l’immanence que tout un chacun peut constater sans difficulté.

Mais la relation existentielle implique deux réalités non seulement totalement différentes et différenciées, espace-matière-temps d’une part et YHWH, le Tout Autre d’autre part mais elle implique aussi, pour que relation il y ait, une réalité totalement fusionnelle. (Cf. Ecrit « La Preuve Ontologique » pour la démonstration étayée).

Ainsi le « côte à côte » ou la coexistence séparée de ces deux réalités est existentiellement et fondamentalement impossible car le « stable » maintient « l’instable » via une relation totalement fusionnelle d’identification réciproque pour un contact de maintien réel. En même temps pour que relation il y ait, les deux réalités doivent être totalement différenciées car il faut que le « stable » soit et reste pleinement stable pour maintenir l’instable.

L’absence de zoé – relation essentielle ne peut impliquer que le néant : rien n’existerait, ce qui est évidemment impossible. Comme nous existons avec notre environnement, il ne peut y avoir que l’autre réalité, le Tout Autre capable vu Sa toute puissance aussi de fusionner avec nous-mêmes et notre environnement. C’est paradoxal mais existentiellement nécessaire.

Nous nous devons de poser une question préliminaire : YHWH aurait-Il créé, généré quelque chose d’instable, d’imparfait comme l’espace-matière-temps ?

Si oui, il y a existentiellement un très gros problème car comment peut-Il être l’Être fondamental parfait, immortel, stable et créer quelque chose d’aussi imparfait tels le temps, une véritable prison et la matière imprégnée de mort et dont la survie cyclique linéairement provisoire nécessite la mort ?

Sinon, alors comment résoudre ce problème ?

YHWH a créé l’être humain, un « vis-à-vis » à Son image imprégné de Lui par Son Souffle à conséquence fusionnelle. Ce vis à vis était un être glorieux puisqu’à Son image mais libre d’être vis à vis, en relation harmonieuse fusionnelle essentielle avec le Créateur ou non selon sa décision. Cet être à l’image du Créateur devait gérer la création parfaite initiale (Genèse 2:15-20) et par conséquent en avait la responsabilité. Il était libre de faire comme YHWH le lui avait proposé ou non car la relation devait être génératrice de vie c’est à dire être une relation d’amour de type « essentiel ».

La liberté est la base d’une relation d’amour : là encore une réalité que tout un chacun peut constater actuellement : un mariage forcé par exemple ne peut être un mariage d’amour.

Comment cette liberté a-t-elle été donnée à l’être humain ? La base de la liberté est le choix. L’être humain avait le choix de manger ou non les fruits de l’arbre de la connaissance du bien ou du mal (Genèse 2:17) c’est à dire d’accepter librement ou non d’être le « vis-à-vis » de Yahvé dans une relation d’amour dite essentielle en tant que gérant de la création initiale parfaite et stable. Ne pas manger du fruit signifiait accepter que ce soit YHWH qui décide de ce qui est bien et de ce qui est mal. En manger signifiait que c’est l’être humain qui décide de ce qui est bien et de ce qui est mal dans l’indépendance et non plus dans la position de vis à vis dans une relation d’amour essentielle avec YHWH.

Le gérant de la création, l’homme, mangea malheureusement le fruit défendu et rendit par là la création imparfaite, instable conditionnée par le temps et son mode de fonctionnement basé sur la mort. Il a voulu prendre la place de Dieu en voulant décider de ce qui est bien et de ce qui est mal. C’est la « chute » due au péché. Le gérant a raté le but (grec amartia = péché, manquer le but).

Sans la chute la création serait restée stable et Dieu une évidence fusionnelle essentielle glorieuse visible de tous. La perfection, l’éternité et la gloire seraient présentes partout comme elles le furent dans le paradis (Genèse 1: 31) et comme elle le seront dans le nouveau ciel et la nouvelle terre (Apocalypse 21:3+22-24 ; 22:5).

Pourquoi la chute n’a-t-elle pas entraîné la désintégration immédiate de toutes choses ? Pourquoi parlons-nous d’une création « intermédiaire » ?

Le non libre et terrible de l’homme à Dieu a provoqué certes la mort promise par Dieu en cas de péché, la souffrance et des malédictions de toutes sortes mais il n’a pas entraîné le non de Dieu à l’homme.

Le oui d’amour de Dieu est immuable et redonne malgré et envers tout une opportunité à la vie. Dieu ne se renie pas Lui-même. C’est pourquoi la création fut soumise au temps, à la durée pour redonner une chance de retour de l’homme à Dieu. Il reste une mesure de « gloire divine de maintien provisoire vitale » de la création telle que nous la connaissons et observons. Cette mesure de maintien provisoire correspond à la partie du oui d’amour de Dieu, sachant que le ver est dans la pomme à cause du non de l’homme. Le Seigneur voudrait dans le cadre de ce maintien qui dure déjà si longtemps que tous les hommes arrivent à la repentance, au oui et amen à Dieu (2 Pierre 3:9b).

Ainsi nous constatons une réalité immanente paradoxale : la beauté de la nature révélant Dieu et Son oui et en même temps les catastrophes naturelles, révélant le non de l’homme ; les belles et bonnes choses que l’homme peut accomplir et en même temps les catastrophes en tous genres qu’il provoque et dont il est d’ailleurs lui-même la victime ; le corps de l’être humain qui est à la fois une merveille très compliquée dans son fonctionnement et qui en même temps évolue à coup sûr vers la déchéance et la mort etc.…

Dans cette instabilité, la création « intermédiaire » renvoie donc envers et contre tout à Dieu qui, par amour essentiel, la maintient en VIE par une mesure de gloire dans la durée sinon elle se serait immédiatement désintégrée ce qui aurait fait jubiler le Serpent.

Cette instabilité mènera inéluctablement à la destruction finale de la création intermédiaire lors du jugement dernier pour laisser la place à une nouvelle création paradisiaque où vivront les êtres humains qui auront profité de la nouvelle chance sur la durée en ayant dit oui à Dieu (Apocalypse 20:11b). Par contre l’accumulation des péchés s’élevant telles des multitudes de tours de Babel attire et attirera les catastrophes, les crises ou jugements (cf. les livres prophétiques ; Apocalypse 18:5ss) et finalement la disparition finale.

Quel est le but de l’amen (cf. vérité, réalité) et du oui d’amour et de vie de Yahvé ?

Obtenir le oui libre d’amour de l’homme en retour dans le cadre de la durée de vie intermédiaire mais qui reste par définition limitée. Pour cela il faut établir une relation de vie essentielle impliquant la réalité existentielle.

Seule une relation existentielle décrite en début de paragraphe valide la relation essentielle entre Dieu d’une part et le cosmos et l’homme s’y trouvant d’autre part.

Ainsi pour que relation il y ait, ce n’est pas prioritairement ce que Dieu dit ou fait mais ce qu’Il est. Il n’y a donc qu’une seule solution pour établir cette relation essentielle, base de toute autre forme de relation, y compris l’acte « relationnel » de création : il faut que Dieu SOIT à la fois Dieu et Homme, Créateur et Créature. C’est pourquoi Paul a écrit au sujet de Jésus-Christ : « Il est l’image du Dieu invisible, premier né de toute créature (Jésus Homme, créature) car en lui tout a été créé dans les cieux et sur la terre (Jésus Dieu) …tout est créé par lui (Jésus Dieu) et pour lui (Jésus Homme, créature) et il est lui avant tout (Jésus Dieu) et toutes choses subsistent [sont maintenues] en lui (Jésus Dieu). » (Colossiens 1:15-17).

Voilà la réalité de la vie ; Jésus n’a-t-Il pas dit : « Je suis le chemin, l’alethia [réalité – vérité existentielle] et la vie [relation essentielle zoé] » (Jean 14:6).

YHWH Jésus Homme devait en fait dans le cadre de l’Histoire être l’Homme de substitution du oui et de l’amen parfaits qui englobe tout et prend sur Lui en termes de justice par Sa mort sur la croix toutes les conséquences du non initial de l’homme pour lui redonner une possibilité libre et authentique de Lui dire à nouveau librement oui et amen pour VIVRE !

 

4. La réalité selon le logos

Nous avons vu que le temps, parce qu’évolutif, est instable et ne peut exister que par rapport au stable qui le maintient. Cette logique implique la réalité vraie existentielle. C’est pourquoi Paul parle des hommes qui ne reconnaissent pas Dieu comme étant inexcusables. Ici nous ne sommes même pas dans le domaine de la foi, mais dans celui de la preuve ontologique, de la logique incontestable parce qu’existentielle : hors de cette logique rien n’existe.

Pourquoi parlons-nous de logique ? Parce qu’au commencement était le logos qui a donné le mot logique (Parole raisonnable, discours logique) et le logos était avec Dieu et le logos était Dieu. Jésus était/est avec le Père et est Dieu. « Toutes choses ont été faite par lui [le logos = Jésus Dieu] et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui » (Jean 1:3).

Jésus est le logos fait chair (Parole raisonnable faite chair – Jean 1:1+14). Il est la réalité ou vérité logique et raisonnable. La Parole – Logos n’est pas d’abord une suite d’idées, de mots et de phrases logiques et construites mais nécessairement l’Être par excellence.

Il s’agit de quelque chose qui devrait sauter aux yeux de tout être humain raisonnable, éclairé et donc logique (Jean 1:5).

La logique et la raison prônées par les athées et les agnostiques ne considèrent que la réalité matérielle instable de la création intermédiaire sans en reconnaître les vecteurs logiques désignant la réalité stable de maintien nécessaire.

La notion de réalité sans Dieu révélé en Jésus-Christ vrai Dieu, vrai Homme, devient donc relative, évolutive, descriptive, partielle et partiale selon tous les modes d’observation, de perception et d’analyse toujours limités que nous connaissons tant au niveau de la science dite exacte que des sciences dites humaines.

Chaque découverte ouvre une multitude de nouvelles inconnues et cette évolution est paradoxalement exponentielle car la création est infinie et le Créateur est « plus que l’infini » puisqu’Il a créé l’infini dans Sa toute puissance.

Nous ne sommes pas arrivés au bout de la logique existentielle ou de la Parole – Logos du « Je suis ». YHWH dans la relation a fait la démarche essentielle et par conséquent logique de Lui vers le cosmos et particulièrement vers l’être humain par l’incarnation mais qu’en est-il de la démarche inverse ?

 

5. Quelle réalité existentielle engendre le oui et amen essentiel de l’homme à Dieu ?

Le oui et amen authentique et dans la foi (AEMOUNaH – pistis) de l’homme à Dieu engendre le salut de l’homme en Jésus-Christ (Jean 3:16). Quelle en est la conséquence ? Nous déclinerons les thèmes des paragraphes précédents pour en faire état.

a) Nous avons vu que l’AEMeTH, la réalité désignant le temps fonctionnant avec l’espace et la matière, est issue de la chute qui a transformé la création initiale parfaite glorieuse et éternelle en une création intermédiaire avec ses belles choses certes mais aussi imparfaite et qui finalement s’avère être une véritable prison imprégnée par la mort et destinée à la mort nécessaire pour une survie provisoire.

La partie de l’homme liée et intégrée à l’espace-matière-temps est son corps. Il est visible, tangible et aussi « intermédiaire ». Le résultat final habituel constaté dans la réalité immanente qui disparaîtra aussi, est la mort à savoir la séparation et le déchirement entre l’âme et l’esprie d’une part et le corps d’autre part.

Pourtant cela ne correspond pas à la réalité révélée en Jésus-Christ vrai Homme et vrai Dieu car « toutes choses subsistent, se maintiennent EN Lui » (Colossiens 1:17 ; ta panta en auto sunestèkèn ; verbe grec intransitif sunistamai = mettre, maintenir ensemble, subsister, maintenir).

Le maintien stable divin rend l’instable stable en Jésus-Christ. L’être humain qui dit oui et amen à Dieu, EN Christ passe du provisoire intermédiaire au définitif éternel et glorieux. En Lui tout se maintient, toutes choses subsistent au niveau intermédiaire provisoirement certes comme nous l’avons vu. Mais si le but de Dieu est atteint au niveau du oui chrétien, l’état l’intermédiaire du corps de celui-ci est supprimé au profit d’un nouvel état glorieux et éternel. Par le fait d’ETRE EN Jésus-Christ le corps passe de l’instabilité à la stabilité, de l’intermédiaire à la plénitude et de la mortalité à l’immortalité dans la Salle du Trône. Le chrétien est alors logiquement « maintenu ensemble », c’est à dire qu’il n’a plus à subir la séparation du corps d’avec son âme et son esprie par la mort.

L’œuvre parfaite de Jésus-Christ ne peut existentiellement et essentiellement donc logiquement et raisonnablement qu’engendrer un salut parfait du chrétien dorénavant exempté de la mort. Il est arraché des conséquences du péché et de la chute donc il faut impérativement qu’il puisse sortir de l’espace-matière-temps mortel pour passer esprie, âme et corps dans le céleste immortel et bénéficie de l’immortalité.

b) Nous avons vu que l’aletheia, la réalité fait sortir, surgir ce qui est refoulé, oublié, ignoré de l’inconscient de l’homme non seulement à son conscient mais à son ETRE tout entier donc aussi son corps qui seul est visible et tangible au niveau de l’intermédiaire.

Il porte aux tréfonds de son être tout entier à travers Adam et Eve le vécu face à face avec Yahvé où il était immortel et glorieux au paradis. Faire sortir les vecteurs immanents indiquant le céleste, le « paradis perdu » que l’on recherche si souvent, implique non seulement une restauration de l’âme et de l’esprie mais aussi celle du corps. La réalité existentielle, identitaire fondamentale englobe toujours l’être tout entier donc aussi dans sa relation essentielle. Adam et Eve était « entièrement » esprit, âme et corps dans le paradis. Jésus est venu et a souffert avec Son Être tout entier pour nous sauver en entier. L’aletheia rend visible la gloire divine sur le corps transformé du croyant parce qu’elle a fait sortir sa réalité identitaire qui se manifeste à partir du Corps glorieux de Jésus « maintenant ensemble » toutes choses.

c) Nous avons vu que la réalité essentielle de la zoé, la relation, la vie entre l’immanent et le céleste est indispensable à l’existence. La zoé ou la vie est le contraire de la mort et est libérée des contraintes de la mort donc de l’espace-matière-temps. Jésus a ouvert la porte de cette prison. Dans cette relation, le Créateur reste le Créateur et la créature reste la créature pour une différentiation fondamentale nécessaire pour le vis à vis mais en même temps pour que relation essentielle dans le contact il y ait, il faut en même temps la fusion, l’osmose. La fusion implique le fait d’être existnetiellement UN avec Dieu et en Dieu (Jean 17: 21), de former un seul corps en tant qu’épouse avec son Epoux donc la glorification et la métamorphose du corps avec à la clé la sortie de la prison espace-matière-temps.

d) Nous avons vu que le logos est YHWH et qu’Il a été fait chair. Jésus-Christ vrai Dieu et vrai Homme est la logique même car condition de possibilité de l’existence. Pour que cette logique de YHWH vrai Dieu vrai Homme prenne sa dimension existentielle véritable et soit de ce fait dans la réalité, il faut qu’elle corresponde à la logique réciproque essentielle correspondante. L’homme, par son oui et amen à Dieu passe de la réalité intermédiaire à l’éternelle et absolue. La logique veut impérativement extraire totalement le croyant de sa condition et de son environnement mortel, limité, de prison espace-matière-temps. Il n’y a qu’une seule solution logique et raisonnable : la métamorphose de gloire en gloire de son corps par la Sainte Esprie (2 Corinthiens 3:18 et Romains 8:23) qui permet de passer dans les lieux célestes.

Les chrétiens ne peuvent qu’être selon la logique et la réalité à leur tour vrais dieux, à l’image de leur Créateur ! Cette logique apparaît dans la Bible (Jean 10:34 ; Psaume 82:6). Elle ne peut que devenir réalité à la fois existentielle et essentielle.

La foi n’est pas la « foi du charbonnier » ou croire « les yeux fermés » mais la confiance sereine, raisonnable, éclairée, les yeux ouverts dans la logique-logos évidente qui est réalité et/ou vérité.

 

CONCLUSION

Dieu se met en colère contre ceux qui refusent l’évidence logique et réelle et tiennent la réalité/vérité captive. Ils sont inexcusables aussi en ce qui concerne leur refus par rapport au salut du corps. Dieu n’est pas content d’abandonner le corps intermédiaire de l’homme à la sanction de la mort, même si ce n’est que la première mort.

La réalité essentielle, conséquence du oui de l’homme à Dieu est en effet le salut total logique de l’esprie, de l’âme et celui concret du corps avec à la clé la métamorphose du corps et l’immortalité dès à présent.

Cette réalité concrète fait barrage aux idéologies ou discours logiques de types idéologiques ou encore à tous les « –ismes » y compris le christianisme.

Tous ces « -ismes » ont fait tellement de mal durant l’Histoire.

Le salut du corps ou la métamorphose du corps n’est pas une idée mais une expérience concrète qui mène dès à présent directement au ciel et permet de revenir totalement transformé, glorifié, ce qui place les idées après la réalité dont nous avons parlé et qui ne peut être par définition que concrète.

La foi n’est pas croire en quelque chose d’illogique parce que surnaturel car nous avons vu que le surnaturel est logique et nécessaire, parce qu’il est condition de possibilité de l’existence du naturel. La foi est raisonnable et consiste à faire confiance en toute simplicité, comme un enfant, à Celui qui nous aime et qui est prioritairement l’évidence même, à savoir la réalité !

45. Notre Père qui es aux Cieux

INTRODUCTION

« Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ! Que ton règne vienne ! Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ! Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ! Pardonne-nous nos offenses comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ! Ne nous laisse pas dans [le monde de] la tentation, mais délivre-nous du Malin. [Car c’est à toi qu’appartiennent, le règne, la puissance et la gloire aux siècles des siècles ! Amen !] » (Matthieu 6:9-13).

De très nombreuses interprétations du « Notre Père » ont été faites. Toutefois nous essayerons de donner celle qui correspond à la révélation de l’Eglise des Vainqueurs.

 

1. NOTRE PERE QUI ES AUX CIEUX

Notre Père est le Dieu Très Haut, le Créateur. En tant que Ses enfants nous sommes sensés être liés à Lui par le sang, être de la même nature que Lui, avoir les mêmes gènes que Lui, être à Son image au même titre qu’un enfant l’est par rapport à son père. En plus un enfant, un fils, une fille habite la même maison que le père.

Pourtant il se trouve qu’en tant que mortels nous n’avons pas les mêmes gènes que notre Père immortel et que nous n’habitons pas la même maison. Nous sommes en effet mortels dans un corps de mort, de chair de peau morte d’animal et nous habitons une prison qui s’appelle « espace-matière-temps » ou monde à cause du péché et de la chute.

Jésus veut donc que nous nous adressions à notre Père qui est dans les cieux à partir de notre situation actuelle de « prisonnier terrestre » exposés à la mort et tout ce qui y mène. Que peut demander un prisonnier si ce n’est de sortir de prison ? Il faut aussi qu’il s’adresse à Celui qui peut et veut l’en faire sortir et qui n’est Lui-même pas en prison.

Par le sacrifice expiatoire de Jésus, nous pouvons recevoir le baptême de gloire (Apocalypse 1:17 ; Romains 6:2-8), le bain de régénération (Tite 3:5) pour sortir de la prison et aller dans les cieux sans mourir par la métamorphose du corps (Romains 8:23 ; 2 Corinthiens 3:18) qui se produit quand nous sommes baptisés dans le corps de gloire du Seigneur Jésus-Christ glorifié.

Notre Père qui est aux cieux, soit réellement notre Père, que nous soyons vraiment Tes enfants c’est à dire comme Toi avec les mêmes « gènes » immortels et célestes et que nous habitions dans la même « maison » à savoir dans les cieux.

2. QUE TON NOM SOIT SANCTIFIE

Le Nom du Père, par la grande majorité des êtres humains, est soit ignoré, soit méprisé, soit nié, soit bafoué soit remplacé par d’autres noms d’idoles ou de faux dieux. Il est donc loin d’être sanctifié, mis à part, honoré, glorifié et adoré. Celles et ceux qui se réfèrent à Lui parce qu’ils manquent de sanctification et par là vivent dans l’hypocrisie sont loin de sanctifier et d’honorer Son Nom. De même, la désunion des chrétiens est flagrante et déshonore Son Nom.

Pour que le monde croie, c’est à dire pour relever le défi de l’évangélisation mondiale ce qui implique évidemment le fait que le Nom de Dieu soit sanctifié, il faut la glorification en vue de l’unité des chrétiens comme le Père est dans le Fils et inversement : « Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée pour qu’ils soient un…qu’ainsi le monde puisse connaître que c’est toi qui m’as envoyé » (Jean 17: 17ss).

Jésus continue dans Sa prière : « Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donné soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. » (Jean 17:24).

Si nous sommes justifiés par le sang de Jésus, il nous faut aussi être glorifiés ou métamorphosés via la Nouvelle Naissance En-Haut du sein de Feu et de Gloire de la Sainte Esprie pour être là où est Jésus à savoir le ciel, recevoir et voir Sa gloire.

Pour que le Nom du Père soit sanctifié, il faut d’abord que les chrétiens montent au ciel esprie âme et corps, deviennent un peuple de sacrificateurs (Apocalypse 5:10) évoluant dans le Saint des Saints céleste (Salle du Trône Apocalypse 4).

Cela entraînera leur unité parfaite et par là même leur sanctification réelle. Ils pourront ainsi remplir leur mission victorieuse d’évangélisation mondiale efficace sur terre à partir du ciel et par là enclencher le processus général en vue de l’adoration et du service parfait (Apocalypse 6:2 et 7 ; Apo 12:1+12 ; Apo 14:2-5 ; Apo 15:2-8 ; Apo 19:1-9 ; Apo 20:5-6 ; Apo 22:3). C’est la seule façon pour que soit effectivement exaucée la demande « Que Ton nom soit sanctifié ».

 

  • Que Ton Nom soit sanctifié, que l’Eglise des Vainqueurs soit formée devant Ton Trône seule possibilité de son unité, qu’elle parte en vainqueur et pour vaincre pour réussir l’évangélisation mondiale, qu’elle Te serve fidèlement durant le Millénium, qu’elle Te rende un culte parfait face à face pour l’éternité dans l’adoration pour sanctifier Ton Nom !

3. QUE TON REGNE VIENNE ! QUE TA VOLONTE SOIT FAITE SUR LA TERRE COMME AU CIEL !

Si nous devons prier « Que ton règne vienne et que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », c’est que le Règne du Père n’est pas encore venu et que Sa volonté n’est pas encore faite sur la terre comme au ciel. Il suffit d’ouvrir les yeux sur soi-même, les autres et sur l’actualité pour constater cela sans peine. S’il en était autrement, cela se saurait.

En effet, le prince de ce monde même jugé et condamné (Jean 12:31 ; Jean 16:11 ; Ephésiens 2:2) attend encore l’application de sa peine (Apocalypse 20:10+14). C’est pourquoi il nous faut encore combattre, notamment dans les lieux célestes (Ephésiens 6:12). Il est malheureusement encore le Prince de ce monde et pourtant Jésus a tout accompli !

Jésus veut que l’Eglise prenne réellement sa place dans la gloire (Jean 17:24) et prenne ses responsabilités dans la foulée de Son « tout est accompli » en vue de la victoire finale. Ce n’est pas encore le cas mais c’est absolument indispensable car Il n’a jamais considéré Son Eglise comme un robot mais comme Son Épouse libre, volontaire, mature et responsable.

Ainsi, il faut non seulement qu’elle devienne semblable à Lui mais encore qu’elle soit formée à agir comme Lui. La venue du règne du Père est liée de par Sa propre volonté et souveraineté à la position et au rôle glorieux que l’Épouse doit jouer volontairement pour être digne du divin Epoux même si Celui-ci a déjà tout accompli ! C’est, comme dit, le plan souverain et immuable du Père.

Il est donc nécessaire que l’Épouse soit métamorphosée et glorifiée pour monter, apprendre, combattre, vaincre et régner comme prévu (Apocalypse 6:2 ; Apo 2:26-27 ; Apo 12:11 ; Apo 19:14). Dans un premier temps elle va prendre ses responsabilités en vainqueur pour vaincre pour le réveil le plus puissant de l’histoire sur terre (Apocalypse 6:2 ; 7). Ensuite, enlevée, elle sera vainqueur (Apocalypse 12:11 ; Apo 15:2 ; cf. Ephésiens 6:12) avec l’Archange Michel et les anges pour précipiter l’Ennemi sur la terre et par là nettoyer le 2ème ciel. Puis, après les 3 ans et demi de dictature de l’Antichrist sur terre, elle devra à la suite du Seigneur Jésus-Christ dégager la terre ou le « cosmos » pour y instaurer le Millénium et y régner sous Son autorité avec les martyrs « avec une verge fer » (Apocalypse 17:14c ; Apo 19:14 ; Apo 20:4-6 ; Apo 2:26-27 ; Apo 12: 5b). Enfin elle règnera en tant qu’Épouse pour l’éternité dans le nouveau ciel et la nouvelle terre (Apocalypse 22 :5c).

A l’époque de Jésus, le Royaume n’était pas encore venu mais il s’était approché, (Luc 10:9 ; Luc 11:10) c’est qu’elle entre dans le plan du Père énoncé plus haut. C’est ainsi et seulement ainsi que sera exaucée cette demande.

Que Ton Règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel, que l’Eglise des Vainqueurs dans la foulée du « tout est accompli » du Roi des rois, prenne pleinement ses responsabilités selon Ta volonté dans sa position régnante et joue totalement le rôle que Tu as souverainement prévu pour elle pour que Ta Royauté soit manifeste aux yeux de tous !

4. DONNE-NOUS NOTRE PAIN QUOTIDIEN

Aussi longtemps que nous sommes prisonniers de l’espace-matière-temps, nous avons besoin de manger et de boire, d’avoir le vêtement, d’un toit au-dessus de notre tête et d’un certain confort. Nous passons le plus clair de notre temps à nous battre pour cela et en tant que chrétiens nous le faisons autant dans nos prières, notre travail, nos projets que dans l’éducation de nos enfants etc…Comme les païens, il faut bien survivre aussi bien que possible dans la « prison ». Le nécessaire rôle social et humanitaire de l’Eglise et dans l’Eglise démontre aussi cette réalité.

Mais quel est le discours de Jésus par rapport à ces problèmes vitaux ?

Il dit clairement : « Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : Que mangerons-nous ? Que boirons-nous ? De quoi serons-nous vêtus ? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses, vous seront données par-dessus » (Matthieu 6:31-33).

Pourtant dans le « Notre Père », Il nous demande de prier « Donne-nous notre pain quotidien » alors que notre Père céleste sait que nous en avons besoin : pourquoi faire encore cette prière si nous recherchons premièrement le Royaume et la justice de Dieu ? Elle semble au premier abord totalement inutile et superflue. Ainsi cette prière ne peut prendre tout son sens que si nous nous posons la question de la nature du pain que nous devons demander.

Comment résoudre ce paradoxe évident ?

Le lendemain de la multiplication des pains (Jean 6:3-13) Jésus dit : « C’est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point…En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le vrai pain du ciel ; car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. … Jésus leur dit : Je suis le pain de vie…Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair…celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle…Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et je demeure en lui…celui qui mange ce pain vivra éternellement… » (Jean 6 :50ss). Faut-il être anthropophage et vampire pour vivre ? Certes non. Il n’est évidemment pas question de manger la chair physique du Jésus terrestre. C’est tout simplement impossible, horrible et impensable.

Alors s’agit-il de la Ste Cène lorsqu’Il rompit le pain et dit : « Ceci est mon corps » ? (Matthieu 26:26 ; Marc 14:22 ; Luc 22:19 ; 1 Corinthiens 11:24). Certes oui, jusqu’au jour où Il institua la Ste Cène de Gloire (Apocalypse 3:20).

Notre écrit intitulé « Nouveau de mode de mise en pratique et de vécu de l’Alliance Biblique ? » rend largement compte de tout cela.

Nous proposons une petite piqûre de rappel par cet extrait relatif à Apocalypse 3:20 et son contexte : « Que mange-t-on pendant ce souper ? Les ingrédients célestes du corps actuel de Jésus sont au menu. …Par ailleurs, si nous voyons en quoi Jésus glorieux est fait nous lisons : « … ses yeux étaient comme une flamme de feu ; ses pieds semblables à de l’airain ardent, comme s’il eut été embrasé dans une fournaise…son visage était comme le soleil lorsqu’il brille dans sa force. » (Apocalypse 1:14bss).

Nous absorbons pendant ce repas le feu divin, la chaleur divine, la lumière divine du corps de Jésus qui est le pain du ciel. Il nous accorde l’immortalité. Jésus nous revêt de vêtements blancs et d’or et nous applique un collyre pour les yeux pour voir notamment les choses célestes (Apocalypse 3: 18 ss). Il veut nous rendre bouillants, brûlants au vrai sens du terme par ce repas. Voilà la véritable Ste Cène qu’Il a Lui-même instituée pour notre métamorphose ou transfiguration. De surcroît Il veut que nous « demeurions » en Lui, qu’Il devienne notre « arche » de feu et de gloire. (Jean 15: 4,7 ; 17: 20ss ; 1 Jean 2: 27,28 ainsi que tous les autres passages où nous sommes invités à être EN Christ). »

Si nous mangeons de ce pain venu du ciel, c’est à dire le corps glorifié de Jésus, alors nous cherchons en vérité premièrement le Royaume et la Justice de Dieu et nous bénéficierons de l’immortalité et de la métamorphose du corps qui nous permettrons de monter effectivement et réellement dans ce Royaume et le trouver effectivement.

La gloire et la puissance en résultant pour nous assureront effectivement « de surcroît, par-dessus », les besoins terrestres pour lesquels nous nous battons actuellement tous les jours avec les piètres moyens et limitations que nous connaissons. Demander le pain quotidien qui vient du ciel consiste à finir par trouver réellement le Royaume et à recevoir « par-dessus » tout ce dont nous avons besoin sur terre. Rappelons que l’Eglise des Vainqueurs vit à la fois devant le Trône, dans le Royaume et sur la terre mais là avec les moyens célestes du Royaume !

Ainsi le paradoxe dont nous avons parlé plus haut est levé !

Donne-nous notre pain de ce jour, entre Seigneur Jésus-Christ et veuille souper quotidiennement avec nous pour partager le pain céleste qui est Ton Corps de Feu et de Lumière pour que notre corps soit nourri et transformé en vue de la découverte réelle et effective du Royaume puis de l’accomplissement des missions victorieuses prévues pour nous dans les lieux célestes et sur terre jusque dans l’éternité !

5. PARDONNE-NOUS NOS OFFENSES COMME NOUS PARDONNONS AUSSI A CEUX QUI NOUS ONT OFFENSES !

Pardonner réellement paraît quasiment impossible ! Aujourd’hui on dit : « Père pardonne-moi, je veux bien pardonner mais je n’oublie pas. Je ne me vengerai pas personnellement mais je lui souhaite plein d’épreuves, pleins de « charbons ardents sur sa tête » (cf. Romains 12:20) jusqu’à ce qu’il comprenne ce qu’il a fait ou encore, je peux tout pardonner mais ça, c’est impardonnable etc.… » Pardonne-t-on vraiment, jusqu’aux tréfonds de notre cœur ? Oui, quelquefois en apparence, religieusement, et encore, mais cela dépend bien sûr de ce qu’on m’a fait…. Pour être réellement honnête, c’est mission impossible.

Les versets qui suivent vont encore plus loin :

« …je vous dis : aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux… Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? …Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Matthieu 5: 44ss ; cf. Luc 6:27+35) etc… ». Là, c’est carrément peine perdue. On a quelquefois même de la peine à aimer inconditionnellement ceux qui nous aiment… !

Appliquer 1 Cor 13 semble être une sorte d’idéal : n’est-ce pas irresponsable quand il est dit que « l’amour croit tout, supporte tout » ? Bref, cela ressemble à une sorte de suicide social dans notre société de requins.

« Recherchez la paix avec tous et la sanctification sans laquelle personne ne verra le Seigneur… » (Hébreux 12:14). Quel programme irréalisable !

Matthieu 22: 37-39 parle des deux commandements qui parlent d’aimer de toute son âme, de toute sa force et de toute sa pensée Dieu et le prochain qui résument les 10 commandements (cf. Marc 12:31 ; Luc 10:27 ; Romains 13:9 ; Galates 5:14 ; Jacques 2:8 etc…). Que faire ? Cela paraît désespérant quant à la mise en pratique !

Comme il est impossible de mettre parfaitement voire souvent médiocrement en pratique non seulement dans les actes mais aussi au niveau de notre attitude de fond dans notre cœur et nos pensées cette exigence d’amour des ennemis, de sanctification et de perfection, ici particulièrement au niveau du pardon, nous sommes réduits à l’échec face à la loi de perfection tout en restant tenus malgré tout à l’exigence de son application parfaite. Sommes-nous perdus, Dieu nous pardonnera-t-il si nous ne pouvons pas réellement pardonner ? Quelle malédiction !

Heureusement que Paul a écrit : « …nul n’est justifié devant Dieu par la loi, cela est évident, puisqu’il est dit : le juste vivra par la foi. Or la loi ne procède pas de la foi ; mais elle dit : Celui qui mettra ces choses en pratique vivra par elles. Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois. » (Galates 3:11-13).

Le pardon de la part de Dieu dépend de notre pardon donné réellement aux autres. Nous avons vu qu’il est irréalisable mais heureusement, par la foi nous bénéficions de la justification en Christ. Il en est de même de l’impossible exigence de sanctification sans laquelle personne ne verra Dieu, de la perfection vis à vis de la loi et de l’amour inconditionnel auxquels nous sommes tenus.

Mais l’exigence de pardon réel et total reste, malgré la justification ainsi que l’exigence de perfection et de sanctification ! En effet, si Dieu nous les demande, c’est que c’est concrètement faisable. En général, on en reste à la justification : « Ouf ! On n’y arrive pas, certes, mais heureusement qu’il y a la justification en Jésus-Christ pour être pardonné et aller au ciel quand même, ce qui est fort heureusement vrai ! Cela nous permet de continuer à rester plus ou moins allègrement imparfait en ce qui concerne le pardon, l’amour des ennemis et par rapport au péché et aux manquements en général parce qu’il n’y a apparemment pas d’issue. On se résigne à une médiocrité morale pourtant inlassablement combattue par les évangiles et les épîtres… ». C’est vrai que la justification et la grâce nous ouvrent la porte du ciel !!! Mais il manque malgré tout quelque chose puisque la perfection reste malgré tout demandée !

Quelle est la solution ?

« Car ceux qu’il a connu d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils…_ et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. »_ (Romains 8:29-30)

Nous voyons clairement dans le programme (cf. prédestination) de Dieu que la justification précède la glorification qui consiste à être semblable à l’image de Jésus-Christ dès aujourd’hui, même « pour hier » puisqu’ici le verbe doxadzo (glorifier) est conjugué au passé (edoxasen ; aoriste traduit en français au passé simple). La justification ouvre la porte à la glorification qui permettra la sanctification parfaite effective dès ici-bas. Dans la prédication de l’Evangile, on s’arrête à la justification alors qu’elle devrait aussi comprendre la glorification qui seule rend capable d’accorder le pardon réel à nos semblables et la sanctification parfaite.

Attention ! Il est important de ne pas mettre la charrue avant les bœufs : bénéficier de la glorification au même titre que la justification nécessite la foi en l’œuvre parfaite et suffisante de Jésus-Christ et celle de la Sainte Esprie et ne dépend pas de notre application de la loi !!! Nous n’y arriverions pas de toute manière !

La solution est donc la glorification ou la métamorphose du corps ou la nouvelle naissance En Haut du sein de notre Maman céleste la Sainte Esprie ou le fait d’être EN Christ glorifié.

L’Apôtre Jean l’avait bien compris même avant l’Apocalypse où la glorification est dramatiquement et clairement rappelée et rétablie par Jésus Glorifié Lui-même :

« Or vous le savez, Jésus a paru pour ôter les péchés (justification) et il n’y a point en lui de péché. Quiconque demeure EN lui (glorification) ne pèche point ; quiconque pèche ne l’a pas vu et ne l’a pas connu (manque de glorification) …quiconque est NE DE DIEU (glorification) ne pratique pas le péché parce que la semence de Dieu (justification nécessairement préalable à la glorification) demeure en lui et il NE PEUT pécher parce qu’il est  de Dieu (glorification qui suit la justification ; 1 Jean 3: 5-9).

L’exigence de la perfection, du pardon total et réel, de la sanctification parfaite ne se réalise pleinement que dans la glorification. Cette dernière doit obligatoirement faire partie de la prédication de l’Evangile avec la justification qui la précède et la permet. C’est pourquoi ne prêcher qu’une partie de l’Evangile, c’est à dire la justification sans la glorification, a entraîné et entraîne de très graves problèmes : l’histoire de l’Eglise en est la preuve par neuf. « La foi vient de ce qu’on entend » (Romains 10:17) et il faut impérativement la foi pour recevoir la glorification. La glorification n’est pas seulement pour l’au-delà mais pour maintenant. La Parole prêchée de la Bonne Nouvelle doit nous amener via la justification vers la glorification ou la constitution de l’Eglise des Vainqueurs dotée d’une sanctification parfaite (cf. Apocalypse 12:1) puisque la chair ou le corps de mort ont disparu dans le feu et la lumière de gloire.

 

Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés, justifie-nous puis glorifie-nous en Jésus-Christ, par là rends-nous capables de vraiment pardonner, pour que nous puissions être pardonnés, devenir tes fils et tes filles, purifiés, parfaits et sanctifiés, semblables à l’image de Ton Fils et Te voir face à face.

6. NE NOUS LAISSE PAS DANS [LE MONDE DE] LA TENTATION MAIS DELIVRE-NOUS DU MALIN !

Cette demande est délicate dans son interprétation. Dieu ne nous induit, ni ne nous soumet ou conduit dans la tentation, Il ne tente qui que ce soit. L’Apôtre Jacques est on ne peut plus clair : « Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise : c’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal et il ne tente lui-même personne. » (Jacques 1:13)

Si Dieu ne tente personne alors pourquoi demander qu’Il ne nous soumette pas, ne nous induise pas ou encore conduise pas en tentation ?

Certes, Jésus a été conduit par l’Esprie dans le désert pour y être tenté par le Diable (Matthieu 4:1). Si Jésus a été conduit dans le désert pour subir la tentation, c’est à notre place au même titre qu’Il a subi les souffrances et la mort à notre place. Comme dit, dans notre situation actuelle, nous tombons de toute façon dans le panneau à commencer par la recherche vitale et quelquefois effrénée du pain et du gain puis par la domination et l’orgueil religieux ou encore par le pouvoir et la fausse gloire des hommes et du Malin.

Il est donc clair d’après l’Apôtre Jacques, que Dieu ne nous conduit ni ne nous soumet ou nous induit en tentation ou dans l’épreuve ou le malheur. Il n’est pas sadique. Souvent on dit : « Le Père permet la maladie, le deuil, les difficultés en tous genres, la guerre etc… pour nous éprouver et par là nous faire revenir à Lui et nous faire grandir ». C’est Job avant le « tout est accompli » de Jésus !!! Quel père humain voudrait cela pour ses enfants !!! Alors à plus forte raison notre Père céleste qui est amour !!! Jésus est justement venu pour nous éviter la situation de Job !

Il est important d’examiner les mots originaux pour comprendre que la demande au niveau des verbes mais aussi et surtout par rapport au texte de Jacques qui remet les pendules à l’heure et à la deuxième partie de la demande, le contexte immédiat, où nous devons prier pour être délivrés du Malin, désigne en réalité des zones, des environnements.

Eisphéro en grec signifie « porter dans, conduire dans, vers, amener à, [sou]mettre, laisser ».

Peirasmos en grec signifie « malheur, tentation, épreuve, ».

Ruomai en grec signifie « délivrer, libérer, arracher, écarter, éloigner ». Poneros en grec signifie « mauvais, malin, le malin, le diable ».

Quand nous examinons ce qui est recommandé aux disciples à Gethsémané, il est écrit : « Veillez et priez afin que n’entriez (eiserkomai – eiseltète ; Matthieu 26:41) pas dans la tentation (peirasmos) ; n’alliez (erkomai – eltète eis ; Marc 14:38) pas dans la tentation (peirasmos) ; pour ne pas entrer en tentation (eiseltein eis peirasmon ; Luc 22:40b). Tous les disciples, Pierre en tête, abandonnèrent Jésus (Matthieu 26:56 ; Marc 14:50 ; Matthieu 26:74 et parallèles), c’est à dire qu’ils sont entrés et allés dans la zone de la tentation et ils y succombèrent par la fuite et/ou le reniement. Ils avaient dormi au lieu de prier. Là, par ces verbes, nous constatons encore la notion de zones, d’environnements dans lesquels nous ne sommes pas appelés à aller, entrer pour y évoluer et finalement y tomber.

Nous demandons au Père de ne pas nous laisser évoluer dans des zones et des environnements d’épreuves, de malheur ou de tentations autrement dit dans des zones tel le « désert » dans un sens large du terme, où l’ennemi a le plus de chances d’avoir le dessus parce que le « désert » nous affaiblit, nous place dans la solitude et la vulnérabilité. Nous demandons au contraire au Père de nous en écarter, libérer, délivrer, arracher, éloigner. La question est de savoir ce qu’est ce « désert », cet environnement hostile. C’est tout simplement le monde (grec kosmos), espace-matière-temps, la prison, là où l’ennemi est nommé le « Prince de ce monde » et y joue son rôle de tentateur, d’oppresseur et de destructeur.

Immédiatement une espèce de voyant rouge s’allume par rapport à la prière sacerdotale de Jésus : « Je ne te demande pas de les ôter du monde****comme tu m’as envoyé dans le monde, je les envoie dans le monde » (Jean 17: 15+18).

Comment comprendre ces versets alors qu’il y a là un paradoxe évident ?

Tout d’abord, dans le contexte immédiat, Jésus demande au Père de nous envoyer comme Lui a été envoyé. Comment Jésus a-t-Il été envoyé ? Il a été envoyé de là où Il est venu : « …car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé. » (Jean 8:42)

A présent on peut se poser la question d’où nous venons. Nous venons de la terre, de l’espace-matière-temps, du monde, du « kosmos », là où Adam et Eve ont été chassés hors du Paradis. Par conséquent si nous devons être envoyés comme Jésus l’a été, il faut que nous venions des lieux célestes où siège le Père comme Jésus à présent. C’est aussi simple que ça !!! Jésus-Christ, l’Époux est vrai Dieu et vrai Homme, l’Eglise, l’Épouse doit être à Sa suite, par Son œuvre expiatoire de justification, par pure grâce, par la glorification vrais dieux, ce qui semble presque sacrilège (Jean 10:34 ; Psaume 82:6) et vrais hommes, ce qui semble « normal » !

Cela confirme ce qu’Il a prié en Jean 17:24 où Il demande au Père que nous soyons là où il est afin que nous voyions Sa gloire. Pour communiquer Sa gloire efficacement dans le monde, il faut obligatoirement être préalablement devant le Trône, être transformé, recevoir, apprendre et ensuite partir du Trône répondre à l’envoi du Seigneur Jésus-Christ dans le monde.

Il est donc clair que nous devons monter devant le Trône pour ensuite et seulement ensuite être envoyés comme Jésus dans le monde à partir du Trône, des lieux célestes en vainqueurs pour vaincre (Apocalypse 6:2). D’ailleurs quand nous lisons Jean 14:12 : « …celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais et il en fera de plus grandes… », nous constatons immédiatement un très gros problème car actuellement on n’arrive même pas à faire les œuvres que Jésus a faites alors qu’Il était sur terre (cf. Jean 21:25), alors que Lui parle d’œuvres encore plus grandes… !

C’est pourquoi nous demandons au Père de ne pas nous laisser là où la tentation du Malin nous domine, là où le malheur du Malin peut nous atteindre, là où l’épreuve occasionnée par le Malin nous terrasse, c’est à dire le monde. Nous demandons à être délivrés du Malin, libérés du Malin, arrachés des griffes du Malin, écartés de sa domination, éloignés de là où il domine en tant que Prince de ce monde, c’est à dire du monde.

En même temps, envoyés à partir du Trône dans le monde, nous ne serions pas ôtés du monde mais nous y serions envoyés comme Jésus après que le Père nous ait préalablement arraché du Malin et de son environnement de tentation, de malheur et d’épreuves. Le Père pourra nous montrer ce qu’Il désire nous montrer comme Il l’a fait pour Son Fils Jésus notamment des œuvres encore plus grandes parce qu’Il nous aime comme Ses Filles et Fils (cf. Jean 5:20) !

Revêtus de feu, de lumière et de gloire, métamorphosés par la Sainte Esprie, transfigurés, glorifiés, conduits par la Sainte Esprie, nous serons alors dans la position de gloire voulue et prévue par le Seigneur Lui-même pour être conformes à Son image et réellement rendus capables d’accomplir correctement et surtout victorieusement les missions et les « œuvres encore plus grandes » qu’Il nous confiera autant dans les lieux célestes que sur terre ou plus largement le « kosmos » ou univers.

Ainsi le paradoxe est levé par cette compréhension de la demande et des versets cités.

Ne nous laisse pas dans notre état charnel actuel dans ce monde de malheur, de tentations, d’épreuves où règne le Prince de ce monde, mais délivre-nous, libère-nous, arrache-nous, écarte-nous, éloigne-nous, garde-nous de ce Malin et de sa zone d’influence. Glorifie-nous, sanctifie-nous par la vérité pour que nous ne soyons effectivement plus du monde, pour que nous ne lui appartenions plus (Jean 17:16-18) et que transfigurés, à partir de Ton Trône, nous puissions être envoyés dans le monde comme Jésus l’a été.

 

7. CAR C’EST A TOI QU’APPARTIENNENT, LE REGNE, LA PUISSANCE ET LA GLOIRE AUX SIECLES DES SIECLES ! AMEN !

Cette doxologie dit que le règne, la puissance et la gloire pour les ères et des ères appartiennent au Père.

Il contrôle la situation et Il est souverain. Si ce maximum appartient assurément au Père, cela ne veut pas dire qu’Il l’a manifesté. Certes, Il voudrait le manifester le plus vite possible mais le processus relationnel d’amour qui émane de Lui implique obligatoirement la liberté de décision de ses créatures les êtres humains et en particulier l’Épouse, l’Eglise. Celle-ci est appelée dans la liberté à prêcher et à croire non seulement en la justification, grande révélation redécouverte par la Réforme au 16ème siècle, mais aussi en la glorification pour maintenant en découlant qui, comme nous avons essayé de le démontrer, débloquera la manifestation du règne, de la puissance et de la gloire du Père. Cette manifestation passera par les étapes décrites dans l’Apocalypse dont la première est la glorification de celles et de ceux qui entendent ce que l’Esprie dit aux églises et qui se repentent. Elle permettra une louange et une adoration digne de ce nom dans les lieux célestes, devant le Trône et dont nous avons plusieurs mentions merveilleuses dans l’Apocalypse (Apocalypse 4:8-11 ; Apo 5:9-13 ; Apo 7:9-12 ; Apo 11:16-19 ; Apo 14:3 ; Apo 15:2-8 ; Apo 19:1-8 ; Apo 22:3-4).

 

CONCLUSION

Nous pouvons constater que la compréhension du « Notre Père » dans la perspective de la révélation de l’Eglise des Vainqueurs, de la métamorphose du corps permet de résoudre des impossibilités, des contradictions et des paradoxes évidents. Ces résolutions ne font que nous rapprocher davantage de la Vérité et confirment encore plus ce glorieux message sur une base biblique.

Retenons l’exhortation à la prédication d’un Evangile complet comprenant non seulement la justification qui est capitale mais encore le salut total incluant la métamorphose du corps, c’est à dire la glorification ! Ainsi, nous pourrons parler à notre Père dans une nouvelle foi et perspective, car il faut absolument qu’on soit exaucés pour « monter » le plus rapidement possible puisque la Grande Tribulation montre malheureusement le bout de son nez !

Ne perdons pas notre temps, au contraire « rachetons-le » en réorientant notre recherche du Royaume par une prière ciblée sur ce qui est important et urgent : monter pour adorer et servir comme il faut !

 

En Jésus,

Martin BUSCH