INTRODUCTION

« Et je vis dans la main droite de celui qui siège sur le trône un livre écrit au-dedans et au-dehors, scellé de sept sceaux » (Apocalypse 5:1)

Ce livre est scellé de sept sceaux. Chaque sceau rompu déclenche des événements spécifiques décrits en Apocalypse 6 à 10 sachant que le septième sceau se réalise aux sonneries successives des sept trompettes ou « contient » ces sept trompettes (Apocalypse 8: 1-2) déclenchant chacune à leur tour une série de sept événements. La septième trompette introduit la révélation et l’accomplissement du mystère de Dieu d’abord tenu secret ou du message des sept tonnerres contenu dans ce livre. Quand la septième trompette sonnera, le mystère de Dieu s’accomplira (Apocalypse 10:4-7).

De quel livre s’agit-il ? C’est le livre qui contient la description des événements se situant à partir d’Apocalypse 12. A chaque ouverture de sceau de ce livre puis au son des trompettes du septième sceau, opération préliminaire à sa lecture, s’accomplissent des événements importants chamboulant, c’est le moins que l’on puisse dire, l’état des lieux sur terre. Ces chamboulements prépareront l’accomplissement du mystère de Dieu dont il est question dans ce livre.

 

1. Le Livre dans la Salle du Trône

 

Ce livre (rouleau) se trouve dans la main droite du Père (Apocalypse 5:1,7). Le fait qu’il soit dans la main droite montre l’importance capitale de ce livre. La main droite implique l’action voire le combat. En général l’épée de la Parole et de l’Esprie est maniée avec la main droite. La main droite est la main de la bénédiction (Genèse 48:17-18). Il est question de la « droite » de Dieu (Exode 15:6). Ce livre, dès l’ouverture des sceaux puis de la révélation de son contenu, engendre des événements, des actions. Il n’est pas « lettre morte » mais bien Parole vivante « exécutive ».

Ce livre est couvert d’écrits au-dedans et au-dehors, autrement dit, il n’y a plus de place pour rajouter quoi que ce soit. Il s’agit de l’accomplissement définitif et complet du dessein de Dieu !

Toutefois, le Père, parce que le livre est complet et achevé, à cause de la globalité indissociable lieux célestes et univers physique dont fait partie la terre (Apocalypse 5:3) fait chercher quelqu’un qui représente cette globalité et qui soit digne d’ouvrir le livre et de le lire (Apocalypse 5:4). La Ste Esprie parcourut toute la terre et désigna Jésus-Christ, l’Agneau immolé en Se manifestant sur Lui lors de Sa montée sur le Trône (Apocalypse 5: 6c). Jésus-Christ englobe le tout dans Sa personne vrai Homme (univers physique), vrai Dieu (lieux célestes). Il était totalement parfait et digne (grec : axios = « dans l’axe ») pour recevoir le livre, l’ouvrir et le lire. Ce rouleau est en quelque sorte le « sceptre » de Jésus lors de son accession sur le Trône qui Lui fut remis de la droite du Père. C’est la base et le fondement de ce qui va suivre !

La remise du rouleau – sceptre à Jésus authentifie Son sacrifice et Son sang versé pour des hommes de toute tribu, langue, peuple et nation (Apocalypse 5: 9) par les paroles d’un chant nouveau. Ce chant nouveau introduit une nouvelle ère, une nouvelle dispensation à savoir le nouveau statut de l’Eglise des Vainqueurs, rois, prêtres appelés à régner sur la terre (Apocalypse 5:10). Cette Eglise des Vainqueurs au corps transfiguré et métamorphosé évoluera dans les lieux célestes et dans l’univers physique pour aboutir au règne sur terre. Pour ce faire il lui faudra vaincre l’Ennemi et ses acolytes dans les lieux célestes d’abord puis sur terre.

Ce sceptre a un contenu et rien que son ouverture pour commencer a des conséquences concrètes immédiates. Le premier sceau déclenche immédiatement le départ au combat de l’Eglise des Vainqueurs c’est à dire le cavalier sur le cheval blanc parti en vainqueur pour vaincre ! (Apocalypse 6:2).

Les jugements de la Grande Tribulation sont rudes (Apocalypse 6:3-8 ; sceaux 2 à 6), les persécutions des chrétiens restés sur terre sont sans pitié. Les uns mourront martyrs (Apocalypse 6:9) et les autres « issus de la Grande Tribulation » souffriront terriblement puisque Jésus devra les consoler ultérieurement même au ciel (Apocalypse 7: 17c). Ils seront marqués du sceau de Dieu sur leur front et expérimenteront l’immortalité puisqu’ils passeront de la terre au ciel sans mourir et par là rejoindront l’Eglise des Vainqueurs (Apocalypse 7: 1-17). Ces derniers seront le fruit de l’Eglise des Vainqueurs initiale partie en vainqueur pour vaincre ! Ce réveil engendrant des milliards de milliards de sauvés (« que nul ne pouvait compter » Apocalypse 7:9a) issus de la Grande Tribulation (Apocalypse 7: 14b+c) est la première étape liée à l’ouverture des six premiers sceaux du livre ! On ne peut pas dire que c’est anodin ! Dieu attend avec impatience cette récolte ou cette victoire de la part du cavalier parti en vainqueur pour vaincre ! C’est urgent ! C’est le premier coup de boutoir « énorme » contre le Prince de ce monde !

 

2. Le contenu du livre, d’abord un mystère

 

Jean reçut la révélation du contenu par les « voix des sept tonnerres » (Apocalypse 10: 3b-4). Comme il allait l’écrire, une voix le lui interdit (Apocalypse 10: 4). Le mystère s’accomplira uniquement au son de la septième trompette. Ce livre ne devait pas être d’abord « écrit ou réécrit » mais « mangé » assimilé, devant faire partie intégrante de la personne de Jean. Il fallait que ces paroles aillent jusqu’au fond des tripes de Jean ! Il allait jouir de la dégustation certes, mais la digestion assimilée à l’annonce prophétique s’annonce être très difficile (Apocalypse 10: 8-11) puisqu’elle engendrera le processus de victoire effective sur l’Ennemi, lequel ne veut pas se laisser faire. Il faut bien comprendre que le contenu du livre ne pouvait en effet être révélé avant l’ouverture du septième sceau marqué par la sonnerie de la septième trompette, ce qui semble évidemment logique. On ne peut dérouler le rouleau si un des sceaux (fermetures métalliques et/ou en cuir d’un rouleau) est encore fermé.

Pourquoi ce mystère ? Chaque chose en son temps. Que déclenche la sonnerie de la septième trompette et donc l’ouverture totale et finale du septième sceau ? (Apocalypse 11: 15).

L’ouverture du Temple de Dieu dans le ciel et l’apparition de l’arche ! (Apocalypse 11:19). Autrement dit si le Temple de Dieu est fermé avant et si l’arche de l’Alliance n’apparaît pas, c’est que les lieux célestes sont coupés en deux et qu’une partie de ces lieux célestes est encore occupée par l’Ennemi. Il faut encore actuellement une « protection », une fermeture, une séparation du 3ème ciel d’avec le 2ème ciel ou l’Hadès. Par ailleurs l’Ennemi apparaît malheureusement encore devant le Trône de Dieu pour accuser les frères (Job 1: 6ss ; Apocalypse 12: 10c).

La sonnerie de la septième trompette annonce clairement une étape capitale à savoir l’éjection du Diable du ciel pour commencer (Apocalypse 12: 8-9). Cette éjection préfigure que le royaume du monde est entrain de passer sous le règne effectif visible de Dieu (Apocalypse 11:15-18).

Pour ce faire, il faut commencer par vaincre dans les lieux célestes. Car c’est à partir des lieux célestes que l’on tient les rênes du monde ! Le Dragon, quand il se fera éjecter du ciel est en fureur car il perd par là beaucoup de puissance (Apocalypse 12:12c). Il perd son « territoire » hors de l’espace-matière-temps de caractère illimité dans les lieux célestes.

Pour vaincre dans les lieux célestes, il faut obligatoirement que l’Eglise des Vainqueurs soit participante à cette victoire (Apocalypse 12:11) car on ne peut régner sans avoir préalablement vaincu soi-même. Pour être capable de vaincre, il est indispensable que l’Eglise des Vainqueurs soit d’abord comme cette femme glorieuse (Apocalypse 12:1), vêtue du soleil (= feu et lumière de son corps métamorphosé), la lune sous ses pieds (= victorieuse de la lune symbolisant le mal ; cf. perfection), couronnée de 12 étoiles (unité Israël nations de ceux qui ont lavé leur robe dans le sang de l’Agneau). Mais cela ne semble pas suffire. Elle accouche d’un enfant mâle que le Dragon voulait d’emblée avaler et pour cause : cette nouvelle génération d’Église des Vainqueurs le vaincra (Apocalypse 12: 11). Elle sera en mesure de régner sur la terre puisqu’elle sera enlevée (cf. Enlèvement) auprès du Trône avant que le Dragon n’arrive à la dévorer (Apocalypse 12: 4-5). Elle demeurera définitivement dans les cieux (Apocalypse 12: 12a) seul endroit d’où elle sera alors en mesure de régner sur terre à ce moment-là hors de portée de l’Ennemi (Apocalypse 2: 26-27 ; 5:10 ; 12: 5b ; 20: 4a).

Après le règne de l’imitation trinitaire de 3 ans et demi de l’Ennemi sur terre (Apocalypse 13-19) intervient la défaite et l’éjection de celui-ci de la terre. Ainsi peut commencer le Millénium. Enfin ce sera la fin du monde et la fête au ciel et sur la nouvelle terre (Apocalypse 21:1-2).

Voici l’accomplissement du mystère contenu dans le livre à la sonnerie de la septième trompette !

 

3. Le livre révélé

« Ne scelle pas les paroles de la prophétie de ce livre. » (Apocalypse 22:10)

Jean est exhorté à révéler les paroles prophétiques de ce livre. Cette révélation, cette diffusion prophétique a été « amère à ses entrailles » Apocalypse 10: 10c-11). L’histoire nous l’a prouvé. Le ministère de Jean a été rejeté par nombre de ses contemporains chrétiens (3 Jean 9-10) et le livre de l’Apocalypse n’a été admis dans le canon du Nouveau Testament que relativement tard (fin du 2ème siècle). Jean n’a donc pas vu cet écrit accepté comme autorité écrite, Parole de Dieu, dans l’Eglise d’alors. C’était amer pour lui ! Pourtant Jésus lui avait dit : « Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre. » (Apocalypse 22:7).

Sommes-nous tous heureux ? Combien de chrétiens sont malheureux ! Combien de problèmes et de difficultés dans l’Eglise !

Une des raisons : on ne garde pas les paroles de la prophétie de ce livre. Aussi longtemps que nous ne serons pas « montés » à la salle du Trône après avoir reçu la métamorphose du corps ou le salut du corps tout restera en l’état. Il n’y a plus de secret, il n’y a plus de mystère. On sait où aller. Comment ? En recherchant, en lisant, en méditant, en travaillant, en gardant dans nos pensées et notre coeur les paroles de ce livre pour susciter la foi, « car la foi vient de ce qu’on entend » suivi de l’accomplissement miraculeux avec comme « moteur » l’amour pour notre Epoux, le Seigneur Jésus-Christ que nous voudrons absolument rejoindre sans mourir !

 

En Lui,

Martin BUSCH