INTRODUCTION :
Le terme « métamorphose » ou « métamorphoser » est-il utilisé dans la Bible ? Pas dans les traductions courantes. Ce qui est certain c’est qu’il est utilisé en grec et est traduit par transfiguration, transformation. En réalité il s’agit d’une « autre (=méta) morphologie ». La morphologie, la forme, la structure externe, la loi de la forme et de la structure, la substance, la nature, ne peut concerner fondamentalement que quelque chose de concret, de physique et de tangible. D’après le Larousse la morphologie est « l’étude de la forme et de la structure externe des êtres vivants ». En deuxième sens il propose : « Aspect général du corps humain ». Métamorphose est défini ainsi dans le même dictionnaire : « Changement d’une forme en une autre – transformation du corps – changement complet dans l’aspect des choses ».
Il est clair que le terme concerne d’abord et avant tout pour ne pas dire presque exclusivement le côté visible, matériel, tangible de la chose métamorphosée.
1. Les textes bibliques fondateurs et fondamentaux de la métamorphose du corps :
« Nous tous, le visage ayant été voilé (ou découvert à présent), nous reflétons la gloire du Seigneur tel un miroir, en cette même image nous sommes métamorphosés (transfigurés, transformés en grec : metamorphoumeta = nous sommes métamorphosés) de gloire en gloire comme le Seigneur par l’Esprit » (2 Corinthiens 3:18).
Ce verset est à mettre directement en relation avec 2 Corinthiens 3:7 : « Or si le ministère de la mort, gravé avec des lettres sur des pierres, a été glorieux, au point que les fils d’Israël ne pouvaient fixer les regards sur le visage de Moïse à cause de la gloire de son visage, bien que cette gloire fût passagère, combien le ministère de l’Esprie ne sera-t-il pas plus glorieux ! »
Le mot gloire ici est à mettre en relation avec la brillance et l’éclat puisque les Israélites ne pouvaient fixer les regards sur le visage brillant, éclatant de Moïse obligé d’y mettre un voile. L’éclat et la brillance étaient sur le visage de Moïse à savoir sur son corps. Ce n’était pas un éclat au niveau de son être intérieur. Il y avait par conséquent métamorphose comme nous l’avons décrit dans l’introduction, c’est à dire un changement de sa nature corporelle tout au moins au niveau de son visage en une forme, nature, substance glorieuse, éclatante et brillante céleste.
Le ministère de l’Esprie inauguré par la Nouvelle Alliance doit être bien plus glorieux ! Or nous constatons au niveau de l’Eglise que la gloire liée à l’éclat de la métamorphose est actuellement quasiment absente !
Le ministère de l’Esprie ne s’exerce-t-il pas dans ce domaine ? Si, dans la mesure de ce que nous et l’Eglise acceptons de comprendre, de croire, de recevoir et surtout finalement d’expérimenter et de vivre ! Toutes les bénédictions et avancées liées aux réveils des temps passés proposées puis provoquées par l’Esprit Saint à travers Ses prophètes ont ainsi pu bénéficier de leur dispensation dans le Corps de Christ. (Justification par la foi seule, Bible Parole de Dieu, baptême d’eau suite à la foi 16ème siècle – Repentance, Conversion avec certitude du salut sanctification 18ème, 19ème siècle – Baptême de la Ste Esprie avec parler en langues et dons spirituels 19ème et début du 20ème siècle – Redécouverte des ministères charismatiques, ivresse et joie dans la présence de la Ste Esprie, gloire milieu et fin du 20ème siècle).
Depuis le milieu du 20èmesiècle, l’Eglise est interpellée par rapport au salut du corps ou de l’immortalité du corps par la métamorphose. Mais elle n’a pas encore compris, cru, reçu, expérimenté et vécu cette réalité.
Romains 12:1-2 nous dit : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part une culte raisonnable (tè logikèn = logique). Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez métamorphosés (grec : métamorphouste) par le renouvellement de la connaissance, (grec : noos = connaissance cf. cognitif) afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. »
Le corps doit être offert comme un sacrifice vivant. Nous savons que le sacrifice vivant ne peut comporter la mort comme alliée. Nous n’avons pas à nous suicider ou nous faire égorger. Nous avons à nous faire « brûler » non pas en vue d’une mort expiatoire et purificatrice de notre corps pour nos péchés, car Jésus est mort pour nous une fois pour toutes, mais en vue de la métamorphose qui est la transformation par le feu céleste de notre corps terrestre en corps glorifié. Voilà ce qui est un culte raisonnable ou logique. On est appelé à ne pas se conformer au siècle présent. Comment ne pas se conformer aux systèmes de ce siècle si nos corps sont dépendants des systèmes économiques, politiques et sociaux sans compter les systèmes naturels espace, matière, temps et autres etc. ? Paul dit à ses lecteurs « soyez métamorphosés par le renouvellement de l’intelligence » autrement dit, il faut pour commencer avoir un renouvellement de la pensée, de la compréhension pour comprendre ce qu’est la métamorphose et finir par l’expérimenter. La métamorphose ne peut en aucun cas concerner l’être intérieur mais le corps comme nous l’avons vu dans l’introduction puis dans la suite de notre propos. Dans ce texte, ce n’est pas l’intelligence qui est métamorphosée, mais elle est renouvelée. Renouvelée, elle est le chemin vers la métamorphose ! En effet le renouvellement de l’intelligence ou de la connaissance nous permet de comprendre, puis de croire, puis d’expérimenter par la Ste Esprie la métamorphose. Métamorphosés, c’est à dire transformés ou transfigurés comme Jean par exemple ou Jésus lors de Sa transfiguration qui sont passés dans le céleste, nous pouvons en effet réellement discerner la volonté de Dieu ce qui est bon agréable et parfait. Le corps aussi, avec ses neurones notamment, évidemment avec l’esprie et l’âme doivent être dans le céleste pour comprendre et discerner la volonté de Dieu. Pour que l’esprie et l’âme soient réellement devant la face de Dieu, il vaut mieux que ce qui les contient, à savoir le corps, y soit aussi !
Quant à la transfiguration de Jésus, nous lisons : « Il fut transfiguré (métamorphotè) devant eux et son visage brilla comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière » (Matthieu 17:2).
« Il fut transfiguré (métamorphotè) devant eux et les vêtements devinrent resplendissants, si blancs qu’aucun foulon sur terre ne saurait blanchir ainsi » (Marc 9 :2-3).
Il rencontra alors Moïse et Elie. C’est très exactement ce que nous propose Jésus par Ses paroles à savoir être métamorphosés pour pouvoir passer dans le monde céleste. Nous sommes appelés à suivre son exemple dès à présent !
2. Autres expressions bibliques signifiant la métamorphose :
« Personne ne peut VOIR le Royaume de Dieu s’il ne naît de nouveau (gennetè [cf. engendrer, génération, gènes…] – anoten = en haut, au ciel, à nouveau) …ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprie est esprie » (Jean 3:3+6).
Le texte de Jean 3 concerne entre autres la Nouvelle Naissance du sein maternel de notre Mère céleste l’Esprie Sainte qui n’est pas à confondre avec la repentance et la conversion. Naître physiquement c’est passer du ventre de la maman au monde terrestre, à l’air libre et à la lumière ! La Nouvelle Naissance est la Naissance En Haut, est celle qui est opérée par la Ste Esprie. On naît du « ventre » de la Ste Esprie au monde céleste. La naissance est avant tout et d’abord un passage PHYSIQUE, TANGIBLE ! On passe dans ce cas d’une réalité terrestre à une réalité céleste non seulement avec notre esprie et notre âme mais aussi avec notre corps pour VOIR le Royaume en réalité, en vérité. Jusqu’à présent nous avons vu les EFFETS du Royaume (paix, sanctification, guérisons, miracles etc.). A présent la métamorphose nous permet de VOIR le Royaume dans toute sa splendeur !
En 1 Jean 4:17 il est dit : « Tel Il est, tels nous sommes aussi dans ce monde (grec : kosmos = cosmos, univers). »
Ce verset est à mettre en relation avec son contexte parlant de l’amour au sens biblique du terme, c’est à dire dans la globalité de notre être donc de l’être intérieur mais aussi de l’être extérieur à savoir notre corps, comme c’est le cas du couple et comme c’est le cas de l’Eglise épouse de Christ.
L’aspect intérieur est largement étayé dans le chapitre 4 de cette épître mais les versets 13 et 15 incluent aussi l’être extérieur : « Nous connaissons que nous demeurons en lui et qu’il demeure en nous, en ce qu’il nous a donné de son Esprie »
« Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu. »
Dieu (Père) en nous et nous en Dieu, Christ en nous et nous en Christ, réception de la Ste Esprie en nous et immersion ou baptême dans la Ste Esprie sur nous voilà l’inclusion évidente non seulement de notre être intérieur (en nous) mais aussi de notre être extérieur ou corps (en Dieu, en Christ ou encore la Ste Esprie sur nous). Ce processus est opéré par la Ste Esprie de Laquelle nous naissons à nouveau En-Haut. Le résultat est le verset 17 cité plus haut.
Comment est Jésus aujourd’hui ?
Une description édifiante se trouve en Apocalypse 1: 13-16 : « …quelqu’un qui ressemblait à un fils d’homme, vêtu d’une longue robe et ayant une ceinture d’or sur la poitrine. Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige ; ses yeux étaient comme une flamme de feu ; ses pieds étaient semblables à de l’airain ardent comme s’il eût été embrasé dans une fournaise ; et sa voix était comme le bruit de grandes eaux… de sa bouche sortait une épée aiguë à deux tranchants ; et son visage était comme le soleil lorsqu’il brille dans sa force ».
Comment devrions-nous être DANS CE MONDE (kosmos) si nous sommes tel qu’Il est ?
Très exactement comme Jésus est décrit là dans son état actuel !
En fait Jésus est feu et lumière dans une puissance inouïe et indescriptible ! La métamorphose doit nous mener non pas après la mort mais DANS CE MONDE ou UNIVERS ou COSMOS à une morphologie identique.
Remarquons aussi que l’utilisation du mot « kosmos » montre qu’il ne s’agit pas simplement de notre planète terre mais de l’univers, du cosmos. Autrement dit la métamorphose nous libère des lois naturelles telles la gravité, l’air et les distances. En fait la métamorphose nous libère de surcroît des limitations de l’espace, de la matière et du temps pour que nous puissions passer dans ce qui n’est plus espace, matière temps c’est à dire le céleste.
Apocalypse 1:10 : « … Je devins en esprie au jour du Seigneur… »
Apocalypse 4: 2 : « …je devins en esprie (egenomen en pneumati) et voici un trône était là dans le ciel… »
Jean, au moment où Jésus lui apparut en gloire et au moment où il monte dans la Salle du Trône, « devint en esprie ». Le verbe ginomai utilisé ici est très intéressant ! Il signifie en sens premier « naître puis être, exister, engendrer, connaître, devenir… » Cela rejoint évidemment la Naissance En Haut évoquée avant, du sein maternel de notre Mère céleste la Ste Esprie. Il « naquit en esprie » et put survivre devant Jésus glorifié et lors de la montée dans la Salle du Trône. Comme nous savons que la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu, il fallait que Jean devienne, naisse, existe en esprie autrement dit qu’il soit métamorphosé ou qu’il naisse En Haut ! Il est devenu un être glorieux métamorphosé pour pouvoir supporter et vivre la suite des événements !
Apocalypse 7: 3-4 : « …Ne nuisez pas à la terre, ni à la mer, ni aux arbres avant que nous n’ayons marqué du sceau le front les serviteurs de notre Dieu…144 000… »
Apocalypse 14: 1 : « …L’Agneau était debout sur la montagne de Sion et avec lui les 144 000 ayant son nom et celui du Père ayant été écrits sur leur front… »
Ici le marquage du sceau sur le front des serviteurs de Dieu (144 000 et aussi la foule) encore vivants sur terre après la grande tribulation permet à ces serviteurs de passer de la terre au trône (Apocalypse 7: 9 ; 14:3).
Ce sceau est le nom ou l’identité de l’Agneau et du Père. Avoir l’identité du Père et du Fils, c’est ETRE (naître à, exister…) corps, âme et esprie ou dans notre être entier comme le Père et le Fils ! Nous retrouvons là une autre expression pour décrire le phénomène de la métamorphose qui permet de passer du terrestre au céleste !
Romains 8 : 23 nous dit : « …possédant en nous-mêmes les prémices de l’Esprit, nous aussi nous gémissons en nous-mêmes, attendant l’adoption (uiotèsian = adoption – uios = fils), la rédemption (grec : apolutrosis = rachat, délivrance, salut) du corps (soma).
Dans le contexte, Paul parle de la création qui gémit dans les douleurs de l’enfantement et il continue dans son discours avec ceux qui possèdent en eux les prémices de l’Esprit. La création dans les douleurs de l’enfantement n’attend évidemment pas la mort mais elle attend une situation meilleure à savoir la vie liée à l’affranchissement de l’esclavage de la corruption lié à la révélation des fils de Dieu (cf. v.19-23). Il est évident que de façon parallèle l’adoption et la délivrance du corps n’est pas la mort mais le salut du corps ou sa rédemption, son rachat, sa délivrance ou encore son salut ! Il s’agit par conséquent de quelque chose qui doit se passer AVANT la fin de ce monde. On parle souvent et à juste titre du salut de l’âme et de l’esprit. Mais ici il est question du salut du corps. Comment le corps peut-il être sauvé c’est à dire délivré de la mort et de ce qui y mène à savoir les limitations de l’espace, matière, temps, donc de la corruption s’il n’est pas métamorphosé ? En effet il est clairement dit en Exode 33:20 : « Tu ne pourras voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre ». (Cf. aussi 1 Corinthiens 15: 50 : « La chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu »)
Ce passage nous décrit notre situation actuelle c’est à dire que nous avons reçu suite à notre conversion, notre baptême d’eau, les prémices de l’Esprie par le baptême et/ou la réception de la Ste Esprie comme les disciples l’ont reçu à la Pentecôte. Toutefois dans notre situation actuelle NOUS (les chrétiens contemporains des disciples de Jésus et de Paul jusqu’à nous aujourd’hui) GEMISSONS EN NOUS-MEMES en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps non pas par la mort qui est un ennemi (1 Corinthiens 15:26 ; Apocalypse 20:14) mais par l’Esprie et la Vie qui est Jésus.
Cette attente dans les gémissements aurait dû prendre fin dès la fin du 1er siècle au moment où Jésus proposa à l’Apôtre Jean un nouveau mode de vécu ou de pratique de l’Alliance en Jésus-Christ évidemment toujours basée sur la croix et la résurrection. Il s’agit du Baptême de Gloire et de la Ste Cène de Gloire (cf. chapitre 3 suivant).
« …Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils afin que celui-ci soit le premier né d’une multitude de frères ; ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés, ceux qu’il a appelés il les a aussi justifiés et ceux qu’il a justifiés il les a aussi glorifiés (verbe grec : doxadzo ; Romains 8:29-30).
Être conforme à l’image de son Fils, c’est être comme Lui et nous savons comment Il est en tant que premier né d’une multitude de frères si nous lisons Apocalypse 1:13-16. En effet Jésus a été métamorphosé après Sa résurrection, lors de Son Ascension et au moment où Il S’est assis sur le Trône. Il est à noter que edoxasen (a glorifiés) est à l’aoriste traduit par le passé composé en français. Il n’est donc pas question de futur. Donc la glorification est pour nous aujourd’hui pour le moins au même titre que la justification par exemple. La glorification en fait devrait déjà avoir eu lieu. La gloire est la manifestation de la toute puissance, de la majesté et de la sainteté de Dieu. Il veut la partager avec nous par la glorification qu’Il veut nous accorder, car Il a prévu que nous soyons conformes à l’image de Son Fils !!! Si le corps et notamment nos neurones ne sont pas intégrés dans cette glorification, il y a un problème évident !!! Comment être conformes à l’image de Jésus glorifié avec nos corps mortels exposés à toutes sortes d’agressions ? Une seule solution : la métamorphose du corps ou la glorification ou la naissance en haut ! C’est le corps avant tout qui donne une image. Il semble difficile d’avoir une image de l’âme et de l’esprit. Ou alors cette image ne pourrait être que le fruit de notre imagination… !
« Nous ne nous mourrons (verbe grec kiomao = dormir, mourir) pas tous, tous par contre (« de » : opposition adverbiale forte) nous serons changés (verbe grec allasso = changer, échanger) en un instant (atomo), en un clin d’œil (en ripè ophtalmou) à la dernière trompette ; car elle sonnera et les morts ressusciteront incorruptibles (aphtartoi) et nous, nous serons changés. Il faut en effet que le corruptible revête l’incorruptibilité (aphtarsian) et le mortel revête l’immortalité (atanasian) » (1 Corinthiens 15: 51-53).
La métamorphose se fera à la dernière trompette qui sonnera au moment de l’enlèvement. Toutefois la possibilité de l’immortalité rendue possible par la métamorphose peut déjà avoir lieu avant : c’est signifié par l’opposition adverbiale forte grecque « de » (par contre). Certains ne mourrons pas AVANT, c’est à dire qu’ils expérimenteront la métamorphose avant la dernière trompette. Puis, la métamorphose est décrite dans les versets suivants comme un revêtement de l’incorruptibilité et de l’immortalité. Nous retrouvons cette notion de vêtement en Apocalypse 3: 18b.
« …je te conseille d’acheter chez moi de l’or ayant été flambé par le feu afin que tu sois riche et des vêtements blancs afin que tu sois vêtu pour que n’apparaisse pas la honte de ta nudité et du collyre pour oindre tes yeux afin que tu voies » (Apocalypse 3 : 18).
La métamorphose consiste à avoir un aspect doré suite à l’action du feu céleste, de revêtir des vêtements blancs et d’avoir des yeux capables de voir et de supporter l’éclat de la gloire céleste. Le résultat est de pouvoir « souper » avec Jésus (v.20) et de s’asseoir avec Lui sur le Trône (v.21). Ne pas être métamorphosé, c’est être nu et subir la honte de la nudité qu’ont d’ailleurs éprouvée Adam et Eve qui eux étaient métamorphosés puisqu’ils pouvaient converser avec Dieu. Cette métamorphose a progressivement disparu après la chute.
3. La métamorphose : nouveau mode de pratique et de vécu de l’Alliance en Jésus-Christ :
« Et lorsque je le vis, je tombai à ses pieds comme mort et il posa sa main droite sur moi et dit : ne crains pas ; je suis le premier et le dernier et le vivant et voici je fus mort et voici je suis vivant pour les ères des ères et je tiens les clés de la Mort et de l’Hadès » (Apocalypse 1: 17-18).
« Voici, je me tiens à la porte et je frappe, si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai (deipneo = souper, manger, prendre la cène selon certaines traductions) avec lui et lui avec moi ». (Apocalypse 3:20).
Le nouveau mode de pratique et de vécu de l’Alliance en Jésus-Christ entre Dieu et les hommes comporte le Baptême de gloire et la Ste Cène de gloire administrés par Jésus glorieux Lui-même.
Le premier texte baptismal est à mettre en relation avec Romains 6 : « …ignorez-vous que tous nous avons été baptisés dans le Christ Jésus, que nous avons été baptisés dans sa mort ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort afin que de même que le Christ a été ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. Si nous sommes devenus une même plante par la ressemblance à sa mort nous le serons aussi [par la ressemblance] à sa résurrection ».
Le baptême d’eau ici symbolise dans la foi notre mort puis notre résurrection avec Christ par le fait que nous soyons immergés dans l’eau puis émergeants de l’eau. Nous sommes ici dans l’image, le symbole devant jouer un rôle de vecteur ou de poteau indicateur vers la réalité.
Le baptême de vérité et de gloire a été institué solennellement par Jésus Lui-même en Apocalypse 1:17-18 avec des paroles baptismales typiques en remplacement du baptême d’eau parce que ce baptême de gloire n’est plus dans le symbole mais dans la réalité et la vérité à savoir que notre corps mortel tombe comme mort devant Jésus glorifié et est revêtu d’incorruptibilité ou métamorphosé au moment où Il pose sa main droite sur le corps mortel. Jean métamorphosé (notre corps métamorphosé) pourra alors se relever, se tenir en présence de Jésus glorifié, recevoir et surtout ECRIRE (v.19) le message du Seigneur Jésus-Christ. Le corps de Jean (notre corps) aura encore une dose de métamorphose supplémentaire (métamorphosé de gloire en gloire) quand il (notre corps) « devint(iendra) en esprie » (= devenir [est un processus, un devenir, une naissance], en esprie est une transformation, on devient autre chose) au moment où il monte dans la salle du trône (Apocalypse 4:2 – egenomèn en pneumati). Il faut toujours se rappeler que le corps de chair et de sang ne peut supporter une telle gloire donc il n’y a qu’une seule solution : être métamorphosé ou glorifié pour continuer à vivre tout en ne subissant pas la mort du corps.
Le second texte eucharistique est à mettre en relation avec Jean 6: 50ss : « C’est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel…et le pain que je donnerai c’est ma chair…car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment un breuvage…celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et je demeure en lui »
La Ste Cène avec le pain et le vin symbolise dans la foi la mémoire de ce que Jésus a accompli sur la croix et est une action de grâce (eucharistie) par rapport au salut en résultant.
La Ste Cène de gloire a été instituée par Jésus Lui-même en Apocalypse 3:20 en remplacement de la Ste Cène célébrée avec le pain et vin où Il emploie à dessein le verbe deipneo qui signifie « souper ». Ce terme fait clairement référence au dernier souper de la Pâque de Jésus avec Ses disciples. Certaines traductions n’hésitent pas proposer « je prendrai la Ste Cène avec lui et lui avec moi » ! Comme le baptême de gloire, la Ste Cène de gloire consiste à être métamorphosé à savoir revêtir des vêtements blancs, « acheter » de l’or et du collyre pour les yeux pour pouvoir VOIR ! (Apocalypse 3:17b-18 : versets du contexte). Autrement dit il s’agit aussi ici de la métamorphose avec l’or (brillance), les vêtements BLANCS (éclat), les yeux métamorphosés pour pouvoir voir la gloire du Seigneur ! Pour ce faire il faut manger, absorber la chair et le sang glorifiés et métamorphosés de Jésus glorifié qui vient souper avec nous ! C’est une Ste Cène qui n’est plus dans le symbole mais dans la réalité et la vérité à savoir que nous mangeons, absorbons les « ingrédients » du corps glorifié de Jésus dans notre corps en vue de la métamorphose du corps et par voie de conséquence en vue de l’immortalité. Il est évident que nous n’allons pas manger la chair terrestre et le sang terrestre de Jésus mais Sa « chair » et Son « sang » célestes à savoir le feu et la lumière célestes composant Son Corps de Gloire !
Conclusion
La métamorphose mène à l’immortalité et au statut de l’Eglise des Vainqueurs en vue des missions décrites dans l’Apocalypse. Elle est indispensable pour passer dans le monde céleste et notamment dans la Salle du Trône. Nous avons les prémices de l’Esprie certes, mais le Seigneur aimerait nous amener plus loin. Nous « gémissons » en attendant le salut de notre corps ou la métamorphose. Nous sommes appelés à maintenir notre corps en bride, c’est à dire nous sanctifier et jeûner (le jeûne concerne spécifiquement le corps) pour pouvoir courir et obtenir le prix. Toutefois c’est par la compréhension du dessein de Dieu dans Sa Parole, la foi bien orientée et avant tout par Sa Grâce que la Ste Esprie nous métamorphosera en vue d’un salut esprie, âme et aussi corps ! Refusons la philosophie hellénique (grecque) qui sépare l’homme intérieur (esprie, âme) de l’homme extérieur (corps) et qui a largement infecté l’enseignement de l’Eglise.
Revenons repentants à l’enseignement biblique qui considère l’être humain dans sa globalité et prône le salut de l’esprie, de l’âme et du corps (cf. 1 Thessaloniciens 5 :23).
En Jésus, Martin BUSCH